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Tome dix-neuvième.
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obligés d’avouer , fous peine de prison &de confiscation de biens , que le roi du paysétoit le chef de l’éghle. Scandera , her.Z 2-0. ( G )

LAID , adj. ( Gram. Mor. ) se dit deshommes , des femmes , des animaux , quimanquent des proportions ou des couleursdont nous formons Pidée de beauté ; il fedit aussi des différentes parties d’un corpsanimé ; mais quoi qu’en disent les auteursdu dictionnaire de Trévoux, & même ceuxdu dictionnaire de l’académie , on ne doitpas dire , & on ne dit pas quand on parleavec noblesse & avec précision , une laidemode , une laide maison , une étoffe laide.On fait usage d’autres épithetes ou de péri-phrases , pour exprimer la privation desqualités qui nous rendroient agréables lesêtres inanimés ; il en est de même des êtresmoraux ; & ce n’est plus que dans quelquesproverbes , qu’on emploie le mot de laiddans le sens moral.

Les idées de la laideur varient commecelles de la beauté , selon les temps, leslieux , les climats , & le caractère des na-tions & des individus ; vous en verrez laraison au mot ORDRE. Si le contraire debeau ne s’exprime pas toujours par laid,&: sion donne à ce dernier mot bien moins d’ac-ceptions qu’au premier , c’est qu’en généraltoutes les langues ont plus d’expreífionspour les défauts ou pour les douleurs, quepour les perfections ou pour les plaisirs.

Laid se dit des espèces trop différentesde celles qui peuvent nous plaire, & diffor-me fe dit des individus qui manquent à Pex-cès des qualités de leur espece ; laid supposedes défauts, & dijsormeía ppose des défectuo-sités : la laideur dégoûte, la difformité bleste.

LAIDANGER,V. act. ( Jurisprud.)signiíìoit anciennement injurier. Voye\ci-après Laidanges. (A )

LAID ANGES , f. f. ( Jurisprud. ) dans

l’ancien style de pratique signifioit vilainesparoles , injures verbales. Celui qui inju-rioit ainsi un autre à tort , devoir fe dédireen justice en fe prenant par le bout du nez ;c’est fans doute de-là que quand un hommeparoît peu assiiré de ce qu’il avance , onlui dit en riant votre ne\ branle. Voye^Fancienne coutume de Normandie , ch.^£o. $z. & 86\ le style déjugé , c. xv.

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art. r 4 . Monstrelet, en son hisl. ch. xl.dwI. vol. {A)

LAIE , f. f. ( fíist. nat. ) c’est la fe*'melledu sanglier. V. f article Sanglier.

LAIDEUR , s. f. ( Gramm. & Morale. )c’est l’opposé de la beauté ; il n’y a aumoral rien de beau ou de laid , sans réglés;au physique , fans rapports ; dans les arts ,fans modelé. II n’y a donc nulle connoií-sauce du beau ou du laid fans connois-sance de la réglé , lans connoissance dumodele , fans connoissance des rapports &de la fin. Ce qui est nécessaire n’est en foini bon ni mauvais , ni beau ni laid; ce mon-de n’est donc ni bon ni mauvais , ni beau nilaid en lui-même ; ce qui n’est pas entière-ment connu , ne peut être dit ni bon nimauvais , ni beau ni laid. Or on ne con-noît ni l’univers entier , ni son but ; on nepeut donc rien prononcer ni sur sa perfec-tion ni sur son imperfection. Un bloc in-forme de marbre , considéré en lui-même,n’offre ni rien à admirer , ni rien à blâmer ;mais si vous le regardez par ses qualités ; fivous le destinez dans votre esprit à quelqueusage ; s’il a déjà pris quelque ferme fous lamain du statuaire , alors naistent les idéesde beauté & de laideur ,• il n’y a rien d’ab—solu dans ces idées. Voilà un palais bienconstruit : les murs en font solides ; toutesles parties en font bien combinées ; vousprenez un léfard , vous le laissez dans unde ses appartemens : l’animal ne trouvantpas un trou où fe réfugier , trouvera cettehabitation fort incommode; il aimera mieuxdes décombres. Qu’un homme soit boiteux,bostu ; qu’on ajoute à ces difformités toutescelles qu’on imaginera , il ne fera beau oulaid , que comparé à un autre ; & cet autrene fera beau ou laid que relativement auplus ou moins de facilité à remplir ses fonc-tions animales. II en est de même des qua-lités morales. Quel témoignage Newton,seul fur la surface de la terre , dans la sup-position qu’il eût pus’élever par ses propresforces à toutes les découvertes que nous luidevons , auroit-il pu fe rendre à lui-même?Aucun ; il n’a pu se dire grand , qp e parceque ses semblables qui l’ont environné ,étoient petits. Une chose est belle ou laidefous deux aspects différons. La conspirationde Venise dans son commencement; sespro-