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Tome dix-neuvième.
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des m égiïïì ers qui ne souscrivent pas a cetteliste de laines rejetables, st ne àut pas lesécouter.

II y a des laines de diverses couleurs, deblanches, de jaunes , de rougeâtres & denoires. Autrefois presque toutes les bêtes álaine d’Espagne , excepté celles de la Béri-que ( T Andalousie), étoient noires. Les na-turels préféraient cette couleur à la blanche,qui est aujourd’hui la feule estimée dansl’Europe , parce qu’elle reçoit à la teinturedes couleurs plus vives , plus variées & plusfoncées que celles qui font naturellementcolorées.

Le foin des bêtes à laine n’est pas une ins-titution de mode ou de caprice ; l’histoireen fait remonter l’époque jusqu’au premierâge du monde. La richesse principale desanciens habitans de la terre consistait ent roupeaux de brebis. Les Romains regardè-rent cette branche d’agricuìture comme laplus essentielle. Numa voulant donner coursà la monnoie dont il fut Pinventeur , y fitmarquer Pempreinte d’une brebis en signede son utilité , pecuma à pecude , dit Var-ron.

Quelle preuve plus authentique du casqu’on faisoit â Rome des bêtes à laine,quel’attachementavec lequel on y veilloit à leurconservation ? Plus de fut fiecles après Nu-ma, ladirection de tous les troupeaux de bêtesblanches appartenoic encore aux censeurs ,ces magistrats suprêmes,à qui la charge don-noit le droit d’infpection fur la conduite &fur les mœurs de chaque citoyen. Ils con-damnèrent à de fortes amendes ceux qui né-gligeoient iëurs. troupeaux & accordoient

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des récompenses avec le titre honorable d’o»vinus aux personnes qui faisoient preuve dequelque industrie en concourant à l’amélio—ration de leurs laines. Elles fèrvoient chez.eux comme parmi nous aux vêtemens detoute espece. Curieux de celles qui íurpaí-soient les autres en soie, en fin este r en mol-lesse & en longueur , ils tiraient leurs bellestoisons de la Galatie , de la fouille , sur-tout de latente , de P A crique & de Milet..Virgile célébré ces dernieres laines dans,ses géorgiques, & leurs teintures, étoientfort estimées.

Mile fia reliera nymphct

Carpebant.

Pline & Columeîle vantent aussi les toi-sons de la Gaule. L’Efpagne & P Angleterren’avoient encore rien en ce genre qui pûtbalancer le choix des autres contrées soumi-ses, aux conquérans du monde ; mais. les Es-pagnols & les Anglois font parvenus depuis,á établir chez eux des races de bêtes à lainedont les toisons font d’un prix bien supérieurà tout ce que P ancienne Europe a eu d&plus parfait.

La qualité de la laine d’Espagne est d’êtredouce (*), soyeuse, fine, déliée & molle antoucher. Qn ne peut s’en pastèr, quoiqu’ellôsoit dans un état affreux de malpropretélorsqu’elle arrive de Castille. On la dégagede ces impuretés en la lavant dans un'bain' composé d’un tiers d’urine & de deux tiersd’eau. Cette opération y donne un éclat so-lide , mais elle coûte un déchet de $ 3 pourCent.. Cette laine a le défaut de fouler beau»

( * ) Columeîle frappé de la blancheur Sc de l’éclat d‘e quelques moutons sauvages amewnés d’Afrique à Cadix pour les spectacles , conçoit q-u’il est possible d’apprivoiíèr ces animaux.Sc d’en établir la race dans fa patrie; il en exécute le projet; 8c en accouplant des béliers,africains avec des brebis espagnoles, il en voit naître des moutons quiavoientle moelleux ScJe délicat c*e la toison de leur mere, i’éclat & la blancheur de laíai/ie de leur pore. . . . DortPedre , roi d’Arragon , Sc après lui le cardinal Ximenès, font venir en Espagne des moutonsafriquains , &t c’est à cette époque feulement que remonte la-supériorité de ses laines suctoutes celles de l’Etifope-. An. lìtt.. tom. II p, z 16.

M. Daubenton, médecin . vient d’esiayer à Montbard en Bourgogne, d’élever des moutons,au parc, soit en été , soit en hiver : ils ont bien réussi, il; a eu de bonne laine , 8c des toisonsde deux à trois livres fur chaque mouton.

L es laines de PAuxo's en Bourgogne font en réputation 8c fort recherchées des íàbricansde Reims : si la méthode dé parquer les. moutons s’y introduisoit» elleseroit encore biea.meilleure. (C.)