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Tome dix-neuvième.
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sur-tout de la maniéré dont ils feroíentnourris ; par exemple , des pâturages plusou moins gras , & encore du climat où ilsvivroient,

Ce que nous venons de rapporter , toutimparfait qu’il est, suffit pourtant pour fixerl’idée des médecins fur les différences essen-tielles des efpeces de lait qui fournissent desalimens ou des remedes aux hommes ; carl’usage médicinal fe borne presque aux qua-tre efpeces de lait dont nous venons de faireftiention ; & il est connu encore par desobservations à peu-près suffisantes , que lelait de brebis qu’on emploie dans quelquescontrées , est fort analogue à celui de vache,& que le lait de jument, dont Tissage com-mence à s’établir en France , est d’une na-ture moyenne entre le lait de vache & celuid’ânesse , Rapprochant pourtant davantagede celle du dernier. Celui du chameau dontles peuples du Levant fe fervent, est unobjet absolument étranger pour nous.

Usage diététique Ù médicamenteux dulait , & premièrement du lait de vache , dechevre & de brebis.

Le lait de vache est, pour les médecins,le lait par excellence ; c’est de ce lait qu’ilest toujours question dans leurs ouvrages ,lorsqu'ils parlent de lait en général, & fansen déterminer Tefpece. Le lait de vachepossede en effet le plus grand nombre desqualités génériques du lait : il est , s’il estpermis de s’exprimer ainsi , le plus lait detous ceux que la médecine emploie , celuiqui contient les principes que nous avonsexposés plus haut, dans la proportion la plusexacte. II est vraisemblable pourtant quecette efpece de prééminence lui a été prin-cipalement accordée, parce qu’il est le pluscommun de tous , celui qu’on a le pluscommodément íous la main ; car le laitde chevre est trés-analogue au lai t de vache:la prétendue qualité plus particulièrementpectorale » vulnéraire , par laquelle on dis-tingue le premier dans la pratique la plusreçue , est peu évidente ; & dans les paysou Ton trouve plus facilement du laitde chevre que du lait de vache, onemploie le premier au lieu du second ,fans avoir observé des différences bienconstatées dans leurs bons & dans leursmauvais effets, Le lait de brebis supplée

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trés-bíen aussi dans tous les cas à Ton & ál’autre , dans les pays où Ton manque devaches & de chevres. Tout cela pourroitpeut-être s’éclaircir par des observations :je dis peut-être , car ces observations se-rment an moins très-difficiles , très-fines.Quoi qu’il en soit , elles n’existent pas , &il paroît que Part y perd peu. On peut ce-pendant , si Ton veut, regarder le lait devache comme le remede principal, chefmajeur ; & les deux autres feulement com-me ses succédanées.

Le mot lait ,fans épithete, signifiera doncdans la fuite de cet article , comme il doitle signifier dans les ouvrages de médecine,lait de vache, ou à son défaut, lait de che-vre ou de brebis ; & nous renfermerons ceque nous avons à dire à ce sujet dans lesconsidérations suivantes , où nous nous oc-cuperons premièrement de ses usages dié-tétiques dans l’état sain , & ensuite de sonemploi plus proprement médicinal , c’est-à-dire , dans le cas de maladie.

Le lait fournit à des nations entieres ,principalement aux habitans des montagnes,la nourriture ordinaire , journalière , fon-damentale. Les hommes de ces contréesfont gras, lourds, paresseux , stupides ; oudu moins graves, sérieux, pensifs, sombre^II n’est pas douteux que Tissage habitueldu lait ne soit une des causes de cette cons-titution populaire. La gaieté, Pair leste , lalégèreté , les mouvemens aisés , vifs & vi-goureux des peuples qui boivent habituel-lement du vin , en est le contraste le plusfrappant.

Ce qui confirme cette conjecture, & quiest en même temps une observation utile,c’est que le lait donné pour toute nourritu-re , ou ee qu’on appelle communément ladiete laclee ou la diete blanche , que cerégime , dis-je , jette très-communémentles sujets qu’on y soumet, dans une mélan-colie très-sombre , très-noire , dans des va-peurs affreuses,

II est admirable cependant combien le/air pris en très-petite quantité pour toutenourriture , nourrit & soutient, lorsqu’j]réussit, les personnes mêmes les plus vi-goureuses & de Tesprit le plus vif, f ansfaire tomber sensiblement leurs forces cor-porelles , & fans affoiblir considérablementleurs facultés intellectuelles , & cela pen-