478 LAI
forme 5 Inexpérience pour le second.
II est facile de conclure de ce périt nom-bre d’ohservations fur les propriétés diété-tiques du lait dans l’état sain , que c est unaliment suspect , peu analogue aux organesdigestifs de l’adulte , & que 1 art humain.I’éducation, l’habitude , n’ont pu faire adop-ter à la nature , comme elles ont naturalisele vin , liqueur pourtant bien plus étrangèreà Phomme que le lait des animaux ; &qu’ainsiun canon diététique,sûr & incontes-table , & qui suffit seul en cette matière ,c’est que les personnes qui n’ont pointéprouvé leur estomac à cé sujet, ne doiventuser de lait que dans le cas de nécessite ;c’est-à-dire, s’il arrivoit par hasard qu’ellesmanquassent dans quelque occasion particu-lière d’autres alirnens , ou si elles étoientmenacées de quelques maladies que l’usagedu lait peut prévenir. _ Mais comme ilest peu d’hommes qui se soient tou-jours conduits assez médicinalement pouravoir constamment usé de cette circons-pection , & qu’ainsi chacun sait à peu-près,par le souvenir des effets du lait fur son es-tomac , si c’est pour lui un aliment sain ,mal-sain ou indifférent, & dans quelles cir-constances il lui a fait du bien , du mal ,ni bien ni mal ; cette expérience peut suf-fire à chacun pour s’observer convenable-ment à cet égard. II faut fe souvenir pour-tant , il n’cst pas inutile de le répéter , quepour toute personne qui n’est pas très-ac-coutumée au lait , c’est toujours un alimentsuspect que celuî-Jà , tant en soi, par sapropre nature , qu’à cause des altérationsdont il est très-susceptible dans les premiè-res voies , par le mélange des autres ali-mens , & que ceci est vrai, principalementdes personnes vigoureuses & vivant dure-ment , qui sont peut-être les seules qu’onpuisse appeller vraiment saines , ses sujetsdélicats , élevés mollement , étant par leurpropre constitution dans un état de maladiehabituelle. Cette importante distinction mé-ritera encore plus de considération dans ceque nous allons dire de Pemploi du laitdans le cas de maladie.
Nous observons d'abord , fous ce nouvelaspect, que le lait est une de ces matièresque les médecins appellent u/fâ/rr me'dica-jnenmx, Voyei MÉCICAJdLENTf
LAI
Les lois ou îes canons thérapeutiques sorl’usage du lait, observés encore aujourd’hui,existent de toute ancienneté dans l’art ; ilssont renfermés dans un aphorisme d’Hippo-crate , mille fois répété , & commenté pairles auteurs anciens & modernes , depuisGalien & Ce!se, juíqu’aux écrivains de nosjours. Vomi cet aphorisme : « II est mal” de donner le lait à ceux qui souffrent des» douleurs de tête ; il est mal auíïì de le» donner à ceux qui ont la fievre , â ceux» qui ont les hypocondres bouffis & mur—» murans , à ceux qui font tourmentés de» soif, à ceux qui rendent des déjections» bilieuses, à ceux qui font dans des fièvres» aiguës , & enfin à ceux qui ont subi des» hémorrhagies considérables ; mais il est>> bon dans laphtysielorfqu’i! n’y a pas beau-” coup de fievre ; dans îes fievres longues» & languissantes , c’est-à-dire, dans les" fievres lentes , & dans les extrêmes amai-» griísemens ». Les anciens avoienc auíïìobservé l’efficacité du lait contre Factiondes venins corrosifs sor l’estomac & les in-testins , & contre celle des cantharidessor les voies urinaires.
Inobservation journalière & communeconfirme à peu-près toutes ces lois: cepen-dant^ quelques nouvelles, tentatives ont ap-pris a s’écarter, fans inconvénient & mêmeavec quelque avantage, de la route ordinaire,& d’étendre l’usage du lait à quelques-unsdes eas prohibés; elles en ont encore aug-menté l’usage, en découvrant son utilité dansun plus grand nombre de maladies que celles-qui font comprises fous le genre de phtysies,marasmes ^ consomptions . <&c. & sous ce-lui d’amaigrissemens , epuisemens,Quelques auteurs modernes se sont élevésau contraire contre Pancienne réputationdu lait , & en ont voulu resserrer & presque-, anéantir l’usage. Nous allons entrer dans.quelque détail fur tout cela.
Et, premièrement, quant aux cas prohi-bés par Pancienne loi, on donne assez com—' munément le lait dans les grandes hémor—rhagies, principalement dans les pertes des.femmes, & dans ces éruptions abondantesde sang par les vaisseaux du poumon , qu’oraappelle vulgairement & très-impropremenrvomissement de sang. La diete lactée estmême dans ce dernier cas le secours le phì?