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Tome dix-neuvième.
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diversement dans le tait de vache, par exem-ple , que ce lait est sujet à produire lesmauvais effets que nous avons détaillés plushaut. Or, le lait d’âneîíe contient sort peude ces principes. Une expérience an-cienne & constante vient à l’appui de ceraisonnement. Hippocrate a compté parmiles bonnes qualités du lait d’âneíl'e , cellede passer plus facilement par les selles queles autres especes de lait , de lâcher dou-cement le ventre. Sur quoi il faut observerque cet effet appartient au lait d'an esteinaltéré ; au lieu que le lait àe vache , parexemple y ne devient taxant loiíc[u ila essuyé une vraie corruption. Aussmn légerdévoiement , ou du moins une ou deuxselles liquides, quelques heures après l’usagedu lait d’ânesse , sont ordinairement unbien , un signe que îe remede réussit, &ces selles font fans douleurs & fans vento-íìtcs - au lieu que le devoiement, mêmeégal pour l’abondance & la fréquence desselles, est presque toujours de mauvaiseaugure pendant l’nsage du lait de vache oude chevre , & les déjections sont ordinaire-ment statuev ses & accompagnées de quel-ques tranchées. Au reste , il faut observerqu’il ne s’agit point ici du dévoiement qu’onpeut appeller in extremis , c’est-à-dire ,de celui par lequel finissent communémentles malades qui succombent à plusieurs desmaladies pour lesquelles on donne du lait.11 est à peu-pròs démontré , comme nousJ’avons remarqué plus haut, que cet acci-dent appartient à la marche de la maladie,& non pas au lait , ou à tel lait.

Ua quantité très-considérable de substancesucrée que contient le lait d’ânesse, le rendtmflì trèr.-nourrissant. Cette substance estdans le lait la matière nutritive par excel-lence ; la substance caséeuse ne mérite quele second rang,8c le beurre n’est point nour-ristant , du moins le beurre pur. C’est parconséquent un préjugé , une erreur , qued’imaginer,comme on lésait assez générale-ment,que le lait le plus épais est le plus nour-rissant , car c est le plus butyreux qui est lePlus épais,un lait tres-clair, comme celuid’ânesse, peut être éminemment sucré,com-me il l’est en effet. C’est manifestement cet-te opinion qui a empeche d essayer l’usagedu lait, d’ânesse pour toute nourriture , on

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du moins cet usage de prendre,si tantestqu©quelqu’un Paît essayé. Or, je crois que cettepratique pourroit devenir très-saluraire.

Selon la méthode ordinaire , le lait d’â-nesse se donne seulement une fois par jour ,à la dose de huit onces jusqu’à une livre.On le prend ou le matin à jeun , ou le soiren se couchant ; & quant au degré de cha-leur, rel qu’on vient de le traire. Pour cela,on amene l’áneslè à côté du lit, ou à laporte de la chambre du malade , où on latrait dans un vaisseau de verre à ouvertureun peu étroite, plongé dans de l’eau tiede& qu’on rient dans cette espece de bain-marie jusqu’à ce qu’on le présente au malade.On y ajoute quelquefois un morceau desucre , mais cet assaisonnement est assezinutile , le lait d’ânesse étant naturellementtrès-doux.

On donne le lait d’ânesse contre toutesles maladies dans lesquelles on emploie aussile -lait de vache , &c. & que nous avonsénoncées en parlant de cette autre es-pece de lait. Mais on préféré le lait d’â-nesse dans les cas particuliers où l’oncraint les accidens propres du lait quenous avons aussi rapportés , & principale-ment lorsque les st,jets étant très-foibles ,ces accidens deviendroient nécessairementfunestes ; c’est-à-dire,que le lait d’ânesse estdans la plupart de ces maladies, & sur-toutdans les maladies chroniques de la poitrine,un remede extrême , une derniere ressour-ce ,sacra anc'nora ; que, par cette raison, onvoït très-rarement réussir , du moins guérir.Mais quand il est employé de bonne heure ,ou contre ces maladies lorsqu’elîes sont en-core â un degré curable, il fait assez com-munément des merveilles. II est admirablepar exemple, dans les toux sèches vraimentpectorales, dans les menaces de jaunisse ouícs jaunisses commençantes, dans presauetoutes les affections des voies urinaires,dansles sensibilités d’entrailies, les dispositionsaux ophtalmies appellées bilieuses ou fiches,les fleurs blanches.

On prend le lait d’ânesse principalementau printemps & en automne. On a coutume,& on fait bien, de mettre en pâture l’âneííequi fournit le lait, ou de la nourrir, autantqu’il est possible,de fourrage vert, sur-toutd’herbe presque mûre de froment ou d’crgej