Band 
Tome dix-neuvième.
Seite
494
JPEG-Download
 

494 L A í

nouvelles accouchées qui ne veulent pas al-laiter , lorsque la fîevre de lait est foible &de courte durée , & qu’elle n’est point sup-pléée par des vuidanges abondantes ou quel-qu’autre excrétion augmentee ; alors le laitrepompé dans le sang , se mêlé avec lui, &I’altere insensiblement.

II est plus facile de prévenir les désordresdu lait répandu , que dé les réparer ou deles faire cesser : ainsi , lorsqu’une nourriceveut cesser de l’être, elle doit s’astreindre àune diete médiocre , n’uíèr que d’alimenslégers , de peu de suc , prendre quelquespurgatifs légers , des lavemens réitérés ; lesdiurétiques conviennent aussi très-bien ; latérébenthine jointe à la poudre de cloportes,est celui dont on use le plus familièrement,& dont on éprouve le succès le plus prompt& le plus constant. On peut laisser à la femmela liberté & le choix d’applications fur lesmamelles , pourvu cependant qu’elles nesoient pas trop astringentes ouemplastiques;âl ne faut pas non plus les envelopper & lesaffaisser fous le poids des linges & des cata-plasmes , dans la vue de les tenir chaudes.Avec ces précautions, ces topiques peuventêtre appliqués avec quelque succès, dn moinsfans inconvénient. Loríqn’on a négligé eesremedes , ou qu’iîs ont été fans effét, queTe lait répandu a excité quelques maladies,outre les remedes particulièrement indiquésdans cette maladie, il faut avoir recours auxdiurétiques, > aux légers diaphoniques , auxdifférons sels neutres , & fur-tont aux eauxminérales dont le succès est presque as-suré.

'.'"CàiUtmem de lait, poil de- tait. Unautre accident’ assez, ordinaire aux femmesqui ne veulent pas nourrir, & aux nourricesqui ne font pas suffisamment tetées , & quilaiíîent par-Ià engorger leurs mamelles, estle caillement de lait ; il est aussi quelquefoisoccasionné par des passons d’âmes vives,par, la coîere , par une grande & subite joie,par un,e terreur, par dçs, applications acides,astringentes for Iqs .ffiamellés, P, ar - uil ' :ss rfroid 1 a'ridant trop immédiatement fur unegorge. Se nourrice imprudemment décou-verte , & fur-tout par fustige trop continuéssalimeps gélatineux,, austères, acides, &c.U cil inconcevable avec quelfo rapidité .les.vices des alipaens se Lymm-q.iUss.Mt ay lg.it

L A ï

& quelle impression ils y font ; c’est urt faitconnu de tout le monde , que le lait d’unenourrice devient purgatif lorsqu’eîle a prisquelque médicament qui a cette propriété,Olaus Borrichius raconte que le lait d’unefemme qui sir usage pendant quelques jours-d’absinthe, devint d’une amertume insou-tenable. Salomon B tanner assure avoir vusortir , par une blessure á la mamelle , de labiere inaltérée au’on venoit de boire , ce.qui doit être un motif pour les nourrices ,d’éviter avec soin tous les mets trop fiés ,épicés , les liqueurs ardentes , spiritueuses ,,aromatiques , Ùc. & un avertissement aux:médecins, de ne pas trop les surcharger deremedes. Lorsque par quelqu’une des causes-que je viens d’expofèr , le lait s’est caillé , la.mamelle paroît au tact dure , inégale ; onsent sous le doigt les grumeaux de lait en-durci ; son excrétion est diminuée , suspen-due ou dérangée ; la mamelle devient dou-loureuse ,. s’enflamme même quelquefois.On appelle proprement poil de lait , lorsquele caillement est joint à une espece particu-lière de douleur que les femmes savent biendistinguer , & qui est semblable, dit Mau-riceau, liv. III. chap. xvij. à celle qu’Aris-tote, Hifi. animal, liv. VII. cap. II. » as-» sure fabuleusement procéder de quelque» poil avalé par la femme en buvant, le-y> quel étant ensuite facilement porté dans» la substance fongueuse des mamelles, y>» fait une très-grande douleur qui ne s’ap-» passe pas avant qu’on ait fait sortir le poiîi» avec le lait, soit en pressant lesmamelles,», soit en les suçant ».

Si l’on ne remédie pas tout de fuite à cetaccident , il peut avoir des fuites fâcheuses;il occasionne assez ordinairement l’abcès,ou apostème des mamelles ; quelquefois latumeur s’endurcit, devient skirrheuse , &dégénéré enfin en cancer, comme Fabrice:de Hílden dit savoir observé. Observ.:chi—rùrg. cmtur. L.

; On ne peut remédier a cét accident plus.: sûrement & plus promptement, qu’en faisanttéter fortement la femme ; mais comme lélait vient difficilement, Pensant ne sauroitêtre propre à cet emploi; il f aut ^urs se.servir d’une personne, robuste qui puisse,vuider & tarir entièrement les mamelles ; il

est vrai qup la section entretient la difposip.