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longue , plate,sans rides 8r fans bosselures,peu sinuée , & garnie en-destôus de petitesépines le long de la cote. Sa fleur & fa tigefont semblables a celles de la laitue ordi-naire ; mais ses graines font noires. On lieensemble ses feuilles avec de la paille, quandelles grandissent, ce qui les rend très-blan-ches òt plus tendres que les autres.
Les botanistes connoiííènt aussi plufieujsfortes de laitues sauvages ; l’ordínaire, nom-mée Amplement Inclue a syh'ejìris , a ia ra-cine plus courte & plus petite que celle dela laitue cultivée. Ses feuilles sont placéesfans ordre ; elles font oblongues, mais pe-tites , étroites, sinuées & découpées pro-fondément des deux côtés , armées d’épinesun peu rudes le long de la côte qui est au-dessous , & remplies d'un suc laiteux. Satige est au moins haute d’une coudée ; elleest épineuse à son commencement, & par-tagée à son sommet en plusieurs petits ra-meaux, chargés de petites fleurs jaunes sem-blables à celles de la laitue des jardins.Quand ces fleurs sont tombées, il leur suc-cédé des semences garnies d’aigrettes &noirâtres. On trouve cette laitue dans leshaies , fur les bords des chemins , dans lesvignes & les potagers ; elle fleurit en juin &juillet. Elle est d’ufage en médecine, ïk pa-roît plus détersive que la laitue cultivée ;son suc est hypnotique.
II est fort surprenant que la laitue , planteaqueuse & presque insipide , donne dansl'analyse une si grande quantité dn sel uri-ne ux, qu’on en tire davantage que de beau-coup d'autres plantes bien plus savoureuses.Son sel essentiel nitreux se change presquetout, par le moyen du feu dans la distilla-tion , en un sel alkali, soit fixe , soit volatil.
An reste , les laitues ont toujours tenu lepremier rang parmi les herbes potagères ;les Romains en particulier en faisoient unde leurs mets favoris. D’abord ils les man-geoient à la fin du repas ; ensuite , sous Do-mitien , cette mode vint à changer, & leslaitues leur servirent d’entrée de table. El-les sont agréables au goût, elles rafraîchis-sent, humectent, fournissent un chyle doux,délayé , fluide ; elles modèrent l’acrimoniedes humeurs par leur suc aqueux & nitreux.En conséquence, elles conviennent auxtempéramens bilieux , robustes & resserrés. Au-
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guste , attaqué d’hypocondrie , se rétablitpar le seul usage des laitues , d’aprés le con-seil de Musa son premier médecin , à qui lepeuple romain, dit Suétone, fit dresser,pourcette cure,une belle statue auprès du templed’Esculape. ' -
Les Pythagoriciens croyoient que leslaitues éteignoient les feux de l'amour;c est pourquoi Callimaque assure que Ve-nus , âpres la mort d’Adonis , se coucha surun lit de /t ïitiics pour modérer I3 vioîencode sa passion ; & c’etì par la même raisonqu’Eubalus le comique appelle cette herbela nourriture des morts. {D. J.)
Laitue , ( Jardinage. ) la culture decette plante , dont il se fait une fi grandeconsommation, a été épuisée en France parla Quintinie , Chomel, Liger , sauteur deY Ecole du potager , &c. & en Angleterrepar Bracìley Sc Miller ; nous y renvoyons lescurieux.
Nous remarquerons seulement que lagraine de toutes sortes de laitues est aisée àrecueillir , mais l’embarras est de savoirbonne. II faut d’abord préférer celle deslaitues qui ont été semées de bonne-heureau printemps , ou qui ont passé l’hiver enterre. Quand vos laitues montent en fleurs,on choisit les piés dont on veut avoir lagraine; on les accote les uns après les autrestout debout contre les latesdes contre-espa-liers , où on les Iaiste bien mûrir & dessé-cher ; ensuite on les coupe , & on les étendfur un gros linge , dans un lieu sec , pourfaire encore resséchet les graines. On batla plante quand la graine est bien seche, onla nettoyé de sa bâle , on la serre dans unendroit où les souris & la vermine n’aientpoint d’accès, en mettant chaque especede graine à part. Malgré ces précautionsil arrive souvent que les graines bien recueil-lies , bien choisies , fans mélange , bienséchées , bien conservées, dégénèrent si onles reseme dans le même jardin où ellesont été recueillies ,• c’est pourquoi il fautavoir un correspondant assuré,qui recueille,comme vous,tous les ans,la graine dont vousavez besoin , & en faire un échange aveclui ; tous les deux y trouveront leur avan-tage. Cette derniere observation méritesattention des fleuristes , qui doivent fur-