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]es uns font en chassés d’efpace en espacedans le corps des murs , qui lui tiennentlieu de remparts ; les autres fe voient dansdes jardins particuliers , & dans des villages■circonvoiíins. 11 y en a nieme que certainesfamilles regardent comme le palladium deleurs maisons.
Mais comme le soit de la plupart de cesmorceaux antiques est d'être enlevés de leurpays natal, s’il est permis de fe servir de ceterme,pour aller grossir le recueil qu’en fontles curieux étrangers, les magistrats de laville de Langres fe font depuis long-tempsprécautionnes contre ces pertes , en mar-quant dans les registres publics, non-feule-ment l’époque «Sc les circonstances de toutesles découvertes , mais encore en y ajoutantle destòin de bas-reliefs des statues , & lacopie des inscriptions qu'on a fuccesiive-ment déterrées. Un pareil plan devroit êtresuivi dans toutes les villes de l’Europe , quife vantent de quelque antiquité, ou qui peu-vent tirer quelque avantage de ces fortes demonumens. On y a découvert encore en1770 une quantité de médailles d’or du hautempire.
Grnter, Reynesius, le P. Vignier,jésuite,& Gautherot dans son histoire de la ville deLangres , qu'il a intitulée , V Anajlase deLangres, tirée du tombeau de son antiquité,ont, à la vérité, rassemblé plusieurs ins-criptions de cette ville , mais ils ne les ontpas toujours lues ni rapportées avec exacti-tude ; & pour Gautherot en particulier , sesrecherches font auíîì mal digérées que peujudicieuses.
L’académie royale des belles-lettres deParis a expliqué quelques-unes des inscrip-tions dont nous parlons , dans le tome Vde son histoire , & cela d’après des copiesfidelles qu’elle en a reçues de M. f évêque deLangres. On desireroit feulement qu’elleeût étendusos explications fur un plus grandnombre de monumens de cette cité.
En effet, une de ces inscriptions nousapprend qu’il y eut dans cette ville une co-lonie romaine ; une autre nous confirme ceque César dit de la vénération que les Gau-lois avoient pour Pluton , & de leur usagede compter par nuits, au lieu de compterpar jours ; une troisième nous instruit qu’ily a eu pendant long-temps dans cette ville
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un théâtre public, & par conséquent desspectacles réglés» ; une quatrième nous faitconnoìtre que la famille des Jules avoit degrandes possessions à Langres ou aux en-virons ; une cinquième nous certifie qu’ilpartoit de cette capitale des peuples de laGaule celtique , appellés IJngones , beau-coup de chemins pavés & construits enforme de levées , qui conduifoient à Lyon,à Tou!, à Besançon , pour aller de celle-ciaux Alpes. De tels monumens ne sont pasindignes d’être observés ; mais il faut direun mot de la position de Langres.
Elle est située fur une haute montagne ,près de la Marne , aux confins des deuxBourgognes, à 14 lieues N. O. de Dijon,25 S. E. de Troyes, 40 S. E. de Rheims ,63 N. E. de Paris. Long. suivant Caífini,22.d. 5z'. 50". ; lat. 47. 5 z.
Julius Sabinus, si connu par fa révoltecontre Vefpafien , & plus encore par labeauté , le courage , la tendresse , la fidélité& l’amour conjugal de fa femme Epponina,étoit natif de Langres. U faut lire dans lesMémoires de l’acad. des insc. t. IX, lesaventures également singulières & atten-drissantes de cette illustre dame & de sonmari. M. Secousse en a tiré toute f histoirede Tacite & de Plutarque ; c’estun des plusbeaux morceaux de celle des Gaules, parles exemples de vertu qu’elle présente , &par la singularité des événemens. II a étéécrit, ce morceau, peu de temps après lamort tragique de Sabinus & d’Epponina ,par les deux anciens auteurs que nous venonsde nommer ; par Tacite , His. I. /Psi n.55 , & par Plutarque, In amator, p. 7.70:leur témoignage , dont on prise la fidélité ,ne doit laisser aucun doute sur les circons-tances même qui paroissent les plus extra-ordinaires.
Langres modernes, produit plusieurs gensde lettres célébrés , & tous heureusementne sont pas morts ; mais je n’en nommeraiqu’un seul du siecle passé, M. Barbier d’Au-court, parce que c’est un des meilleurs sujetsque l’académie françoife ait jamais eu.,
Barbier d’Aucourt ( Jean ) tîoit d unefamille pauvre, qui ne put lui donner aucunsecours pour ses études ; mais son genie &son application y fupplcçrent. 11 est connupar ses malheurs, pat f a offense du nommé