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Tome dix-neuvième.
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fer au travers d’une peau de chamois, &Pexposent après cela à un feu léger pourfaire évaporer ce qm en est reste.

Pour que le mercure puisse s’amalgameravec for ou l’argent , il faut que les matiè-res parmi lesquelles ils font mêlés soientbien brûlées , lavées & dessalées.

Premier procédé. On doit commencerpar ratisser tous les instrumens qui ont tou-ché l’or ou l’argent dans leur fusion-, ensuiteil faut piler les creusets dans lesquels on a

fondu, ou les autres vases qui ont servi acet usage , parce qu’ordinairement il restedes grains attachés aux parois , & que d ail-leurs les creusets de la terre la moins po-reuse boivent toujours un peu de matière ;il faut austi piler le lut qui est autour desfournaux à fondre , fur - tout la forge a re-cuire ; il faut passer toute la poudre dansun tam : . de foie le plus fin qu'il est possible ;ce qui ne peut pafler au travers du tamisdoit être de la matière qui a été applatieen pilant, & qu’il faut mettre à part. Lamatière qui a traversé le tamis doit êtrelavée à la main , parce qu’elle ne fait jamaisun objet considérable, & que les parties demétal qui font dedans font toujours pesan-tes on peut les retirer par la simple lotion;i! faut laver cette matière dans un vase deterre cuite & vernissée , en forme de coupeun peu platte. Cette coupe doit être poséedans un autre grand vase que l’on emplitd’eau : on met la matière dans la petitecoupe , & on la plonge dans le grand vaseen l’agitant doucement avec les doigts jus-qu’à ce que toute la poudre soit sortie. Cequi se trouve après cette lotion au fond dela petite coupe comme des points noirs ouautres couleurs, mais pesant, doit êtrejoint avec ce qui n’a paslpu passer au traversdu tamis, & fondu ensemble avec un bonflux. Si on mêloit ce produit avec les cen-dres de la lavure qui doivent efíùyer toutesles opérations nécessaires pour retrouverfor & l’argent , il y auroit du danger de leperdre, ou pour le moins un certain déchet.La terre restante qui a passé au travers dutamis, doit etre mise dans une grande cuvedestinée à recevoir tout ce qui doit êtrelavé, & dans laquelle ou aura foin de mettreles fables qui ont servi à mouler , car ce Sfables contiennent de la matière ; mais

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comme elle y a, été jetée étant en fusion ,elle a par conséquent assez de pesanteurpour favoriser Pamalgamation avec le mer-cure.

Second procédé. Une des principaleschoses que l’on doive faire dans la prépara-tion d’une lavure , c’est de brûler si parfai-tement tout ce qui doit passer dans le mou-lin au vif-argent , qu e toutes les parties mé-talliques loient réduites en gouttes ou grains,ne pas épargner pour cela l e charbon ni lesloins , parce qu ils le retrouvent bien avecusure. Premièrement , le propriétaire decette lavure jouit d’abord , après ] e pro-cédé de la lotion , de la plus grande partiede ce qui est dans ces terres, comme on leverra au troisième procédé , mais encore ilne perd rien des matières qui y font conte-nues , dont il perdrait une partie s’il lesbrûloit mal ; car on a observé après plu-sieurs essais faits fur la terre,que les ouvriersappellent regrets de lavure , qui avoient étépassés trois fois fur le mercure , qu’il reftoiccependant depuis deux jusqu'à quatre grainsd’or fur chacune livre de terre feche , pro-venant de lavures d’ouvriers travaillant enor ; ce qui ne vient d’autre cause que parcequ’on les avoit mal brûlées. On conçoit ai-sément que si on laifle ces petites partiesd’or qui font presque imperceptibles, &qui ont une grande surface en comparaisonde leur poids, fans les réduire en grain, leurlégèreté les fera flotter fur l’eau & les em-pêchera^ d’aller au fond de la baíline dumoulin a mercure , pour s’amalgamer aveclui : au contraire si on a assez brûlé les cen-dres pour fondre ces petites particules ,elles prennent une forme en raison de leurpoids, qui les fait précipiter quelques pe-tites qu’elles soient, & le mercure s’en sai-sit avec une très-grande facilité.

Les terres, balayures ou débris d’un la-boratoire dans lequel on travaille des matiè-res d’or ou d’argent , doivent être brûléesdans un fourneau a vent fait exprès : cefourneau est sphérique , de six pouces dediamètre fur quatre pies de hauteur/ il con-sume très-peu de charbon & donne beau-coup de chaleur ; le vent entre de tous cô-tés par des trous d’un pouce de diamètrefaits tout au tour, & par le cendrier qui esttout ouvert / il a trois foyers les uns fur lesV v v v 3.