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Tome dix-neuvième.
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de trois ans. Le duc Ernest Auguste luioffrit fa protection , & le chargea de l’his-toire de Brunswic : nous avons parlé de cetouvrage &.des voyages qu’il occasionna. Leduc Ernest le nomma en 1696 son conseil-ler-privé de justice : on ne croit pas enAlle-magne qu’un philosophe soit incapable d’af-faires. En 1699 l’académie des sciences deParis le mit à la tète de ses associés étran-gers. II eût trouvé dans cette capitale unTort assez doux, mais il falloit changer dereligion , & cette condition lui déplut. IIinspira à sélecteur de Brandebourg le des-sein d’établir une académie a Berlin , & ceprojet fut exécuté en 17CO d’après ses idées:il en fut nommé président perpétuel, & cechoix fut généralement applaudi.

En 1710 parut un volume de l'académiede Berlin , sous le titre de Miscellanea Be-rolinensia. Léïbnitz s’y montra fous toutesles formes, d'historien , d’antiquaire , d’éty-mologiste, de physicien, de mathématicien,même d’orateur».

II avoir les mêmes vues fur les états desélecteur de Saxe \ & il méditoit I’écablifle-ment d’une autre académie à Dresde ; maisles troubles de la Pologne ne lui laissèrentaucune espérance de succès.

En revanche le czar, qui étoit allé àTorgeau pour le mariage de son fils aîné &de Charlotte-Christine , vit Léïbnitz , leconsulta sur le destèin où il étoit de tirerses peuples de la barbarie , l’honora de prê-te ns , 5 c lui conféra le titre de son conseil-ler-privé de justice , avec une pension con-sidérable.

Mais toute prospérité humaine celle ;le roi de Prusse mourut en 1713, & le goûtmilitaire de son successeur détermina Léïb-nitz à chercher un nouvel asyle aux scien-ces. Il se tourna du côté de la cour impé-riale , & obtint la faveur du prince Eugène ;peut - être eût - il fondé une académie àVienne , mais la peste survenue dans cetteville rendit inutiles tous ses mouvemens.

U étoit à Vienne en 1714 lorsque îa reineAnne mourut. L’électeur d’Hanovre luisuccéda. Léïbnitz se rendit à Hanovre, maisil n’y trouva pas le roi , & il n’étoit plusd’àge à le suivre. Cependant le roi d’Angle-terre repassa eu Allemagne , & Léïbnitzeut la joie qu’il désiroit ; depuis ce temps

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fa santé s’assoiblit toujours. II étoit sujet àla goutte ; ce JBtal lui gagna les épaules , &une ptisanne dont un jésuite d’Ingolstad luiavoit donné la recette , lut causa des con-vulsions & ces douleurs excessives dont ilmourut le 14 novembre 1716.

Dans cet état il méditoit encore. Un mo-ment avant que d’expirer il demanda deencre & du papieril écrivit ; mais ayantvoulu lire ce qu il avoir écrit, fa vue s’obi-curcit & il cefla de vivre , £ g é de 70 ans.il ne le maria point ; il étoit d’une com-plexion forte ; il n’avoit point eu des mala-dies que quelques vertiges & la goutte. îlétoit sombre , & pastoit souvent les nuitsdans un fauteuil. II étudioit des mois entiers

de fuite ; il faisoit des extraits de toutes seslectures. II aimoit à converser avec toutesorte de personnes , gens de cour, soldats ,artisans, labourenrs.il n’y aguere d’ignoransdont on ne puisse apprendre quelque choie.

11 aimoit la société des femmes, & elles íeplaisaient en la sienne. II avoit une corres-pondance littéraire très étendue. Il fournissoit des vues aux savans ; iî les animoit, illes appìaudissoit ; il chérissoit autant lagloire des autres que la sienne. II étoit co-lère, mais il revenoit promptement ; il s’ir.-dignoit d’abord de la contradiction , maisson second mouvement étoit plus tranquille.On Vaccuse de n’avoir été qu’un grand &rigide observateur du droit naturel : ses pas-teurs lui en ont fait des réprimandes publi-ques & inutiles.

On dit qu’il aimoit l’argent ; il avoitamaste une tomme considérable qu’il tenoîtcachée. Le t-résor , après savoir tourmentéd’inquiétudes pendant fa vie , fût encorefuneste à son héritière ; cette femme, à l’as-pect de cette richesse , fot si saisie de joiequ’elle en mourut subitement. *

11 ne nous reste plus qu’à exposer les prin-cipaux axiomes de la philosophie de Léïb-nitz Ceux qui voudront connoître plus àfond la vie , les travaux & le caractère decet homme extraordinaire , peuvent con-sulter les actes des savans, Korthold, Ec-kard , Baringius , les mémoires de l’acadé-mie des sciences , l’éloge de Fontenelle ,Fabricins , Feller, Grurvdmann , Gents-kennius, Reimann, Collins, Murat, CharlçsGundelisLudovici. Outre Thomasius dont

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