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Tome dix-neuvième.
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des sons dont ils ne se fer voient point.

{D. J .), . »

Lettres les, {Encyclopédie . ) ce motdésigne en général les lumières que procu-rent Térude , & en particulier celle desbelles-Iettres ou de la littérature. Dans cedernier sens, on distingue les gens de let-tres , qui cultivent feulement l’éruditionvariée & pleine d’aménités, de ceux quis’attachent aux sciences abstraites, & àcelles d’une utilité plus senlible. Mais onne peut les acquérir à un degré éminent,fansla conuoifïànce des lettres ; il en r c fui teque les lettres & les sciences proprementdites, ont entre elles l’enchainement , lesliaisons, &les rapports les plus étroits; c’estdans VEncyclopédie qu’il importe de le dé-montrer, & jen’en veux pour preuve quel’exemple des siécles d’Athenes&de Rome.

Si nous les rappelions à notre mé-moire , nous verrons que chez les Grecsl’étude des lettres embelliffoit celle dessciences , & que l’écude des sciences don-noit aux lettres un nouvel éclat. La Grecea dû tout son lustre à cet assemblage heu-reux ; c’est par-i'i qu’elle joignit au méritele plus solide , la plus brillante réputation.Les lettres & les sciences y marchèrent tou-jours d’un pas éga!, & se servirent mutuel-lement d’appui. Quoique les muses pré-sidassent les unes à Ja Poésie & à l’Histoire,les autres à la Dialectique, à la Géométrie& à P Astronomie , on les regardoit commedes sœurs inséparables, qui ne formoientqu’un seul chœur. Homere & Hésiode lesinvoquent toutes dans leurs poèmes, & Py-thagore leur sacrifia , sans les séparer , unhécatombe philosophique, en reconnois-fance de la découverte qu’il fit de F égalité duquarté de l’hypothénuse dans le triangie-rectangle , avec les quartés des deux au-tres côtés.

Sous Auguste , les lettres fleurirent avecJes sciences & marchèrent de front. Rome ,déja maîtresse d’Athènes par la force de sesarmes, vint à concourir avec elle pour unavantage plus flatteur, celui d’une érudi-tion agréable & d’une science profonde.

Dans le dernier siecle , si glorieux à l aFrance à cet égard , l’intelligence des lan-gues savantes & l’étude de la nôtre, furentles premiers fruits de la culttfre del esprit.

Tome XIX.

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Pendant que Féloquence de la chaire & celledu barreau brilloient avec tant d’éclat ; quela Poésie étaloit tous ses charmes ; que l’His-toire se faisoit lire avec avidité dans sessources , & dans des traductions élégantes ;que l’antiquité sembloit nous dévoiler sestrésors ; qu'un examen judicieux portoitpar-tout le flambeau de h critique : la Phi-losophie réformoit les idées , la Physiques’ouvroit de nouvelles routes pleines de lu-mières , les Mathématiques s’élevoient à laperfection ; enfin les lettres & les sciencess’enrichissoient mutuellement par Fintimitéde leur commerce.

Ces exemples des siécles brillans prou-vent que les sciences ne sauroíenr subsisterdans un pays que les lettres n’y soient cul-tivées. Sans elles une nation seroit horsd’état de goûter les sciences, & de tra-vailler à les acquérir. Aucun particulier nepeut profiter des lumières des autres , &s’entretenir avec les Ecrivains de tous lespays & de tous les temps , s’il n'est savantdans les lettres par lui-même, ou du moins,si des gens de lettres ne lui fervent d’inter-prete. Faute d’un tel secours, le voile quicache les sciences , devient impénétrable.

Disons encore que les principes dessciences seroient trop rebutans, si les lettresne leur prêtoient des charmes. Elles embel-lissent tous les sujets qu’elles touchent : lesvérités dans leurs mains deviennent plussensibles par les tours ingénieux , parles images riantes , & par les fictionsmeme fous lesquelles elles les offrent àl’esprir. Elles répandent des fleurs fur lesmatières les plus abstraites , & savent lesrendre intéressantes. Personne n’ignoreavec quels succès les sages de la Grece & deRome employerent les ornemens de F élo-quence dans leurs écrits philosophiques.

Les schoíastiques, au lieu de marcher furles traces de ces grands maîtres , n’oncconduit personne à la science de la sagesse ,ou a la connoifsance de la nature. Leursouvrages font un jargon également inintel-ligible , & méprisé de rout le monde.

Mais si les lettres servent de clé aux scien-ces , les sciences de leur côté concourent àla perfection des lettres. Elles ne feroieneque bégayer dans une nation ou les con-noiííànces sublimes n’auroient aucun accès»

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