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Tome dix-neuvième.
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nier instant de îa vie. Dans tel genre de ta-lens qne ce soit, un bon maître doit être re-cherché , considéré & récompensé. Par sonhabilité & son expérience , on apprend dansle beau , dans le naturel, & d’une maniéréqui ne se corrompt point, &^qui se soutienttoujours , parce que son enseignement estétabli sur des principes certains & vrais. Jene puis mieux donner pour imitation que cequi a été oblervé aux éducations de deuxprinces vivans pour le bonheur des hommes.Ce font M. le duc d’orléans & M. le princede coudé. Tons deux écrivent avec goût &avec grâce ; tous deux ont appris de maîtrestitrés , écrivains habiles , & qui avoientdonné des. preuves de leur supériorités. Cequi s’est exécuté dans rétablissement deP école royale militaire , assure encore monsentiment. On a fait choix pour récriture demaîtres connus, approuvés , & connois-íànt á fond leur art ; ce qui prouve que M.Paris du Verney , à qui rien n’échappe , leregarde comme une des parties essentiellesde l’éducatîon de la jeune noblesse qu’on yéleve. On peut dire , à la louange de ce 1grand homme, qne les talens font bienreçus chez lui , & que récriture y tient uneplace honorable. Le siécle de Colbert re-naîtroir aslùre'ment, s’il étoit à portée ,tomme ce ministre , de favoriser les bonsécrivains.

Je me fuis un peu étendu fur fart d’écri-re , parce que j’ai cru qu’it étoit nécessairede faire sentir combien on avoir tort de lenégliger. Une fois persuadé de cette vérité ,on doit encore être certain que récriturene s’apprend que par des principes. Per-sonnes , je crois , ne met en doute qu’i)n’est point d’art qui n’en soit pourvu , & ilseroit absurde de soutenir que récriture enest exemte. Si elle étoit naturelle à l’hom-me, c’est-à-dire, qu’il put écrire avec_grace& proprement, dès qu’il en auroit la volonté,& sans 1 avoir apprise, alors je conviendroisque cet art leroitle seul qui ne íût pas fondéfur les réglés. Mais on fait que les arts neRapprennent point lans le secours des maî-tres & fans les principes. Comme il fauttous ces secours, moins à la vérité pour desseigneurs , qui n’ont besoin que d’une écri-ture simple & reguliere , & plus pour ceuxqui veulent approfondir Parc, il est clair

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que dans l’un & l’autre cas , on doit êtreeníeigné par de bons maîtres & par les prin-cipes. Mais il ne faut pas que ces principessoient confus & multipliés : ils doivent êtreau contraire simples, naturels & démon-trés si sensiblement, qu’on puistò soi-mêmeconnoxtreles défauts de son caractère, lorf-qu’il n’est pas tracé dans la forme que le maî-tre a peint à l’imagination. Tous les arts ,dit avec raison M. de Voltaire , font ac-cablés par un nombre prodigieux de réglés ,dont la plupart font inutiles ou fausses. Eneffet, la multiplicité des réglés & l’obscuritédont l’artiste enveloppe ses démonstrations,rebutent souvent l’éleve, qui ne peut leséclaircir par son peu d’intelligence ou devolonté.

Jen’irai pas plus loin fur la nécessité desprincipes dans les arts , je passe à l’originedes écritures qui sont en usage en France, &à leurs caractères distinctifs.

Trois écritures sont en usage; la françoiseou la ronde , l’italienne ou la bâtarde , lacoulée ou de permission.

La ronde tire sont origine des caractères:gothiques modernes qui prirent naissancedans le douzième stecle. On Fappelle fran-foise , parce qu’elíe est la feule écriturequi soit particulièrement affectée à cette-nation si connue pour la perfection qu’ellecommunique aux arts. Voilà pour fa nais-sance , voyons son caractère propre.

La ronde est une écriture pleine, frap-pante est majestueuse. La difformité la dé-guise entièrement. Elle veut une composi-tion abondante; ce n’est pas qu’elle ne flattedans la simplicité , mais quand elle produitdes effets mâles & recherchés, & qu’il y aune union intime entre eux, elle acquiertbeaucoup plus de valeur. Elle exige la per-fection dans fa forme ; la justeste dans sesmajeures, le goût & la rectitude dans le.choix & l'arrangement ds ses caractères »la délicatesse dans le toucher & la grâcedans l’enfemble. Elle admet les pastès &autres mouvemens , tantôt simples & tantôtcompliqués, mais elles les veut concus avecjugement, exécutés avec une vive modéra-tion , & proportionnés à fa grandeur. Elledemande encore dans l’accesioire, qui fontles cadeaux & les lettres capitales, de la va-riété , de la hardiestè & du piquant. Cette