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Tome dix-neuvième.
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trituré est la plus convenable à la languefrançoise, qui est féconde en parties courbes.

i/italienne ou la bâtarde tire son originedes caractei'es des anciens romains. Elle ale surnom de bâtarde , lequel vient, suivantîes uns, de ce qu’elle n’est point en Francerécriture nationale ; & suivant les autres,de fa pente de droite à gauche. Cette penten’a commencé à paroítre dans cette écri-ture , qu’après les ravages que firent en Ita-lie le Goths ou les Lombards.

L’estentiel de cette écriture confiste dansla simplicité & la précision. Elle ne veut quepeu d’ornemens dans fa composition ;encore les exige-t-elle naturels & de facileimitation ? Elle rejette tout ce qui sent Pex-traordinaire & le surprenant. Elle a dansson caractère uni bien de difficultés à ras-sembler pour la peindre dans fa perfection.II lui faut nécessairement pour flatter lesyeux, une position de plume soutenue, unepente juste , de majeures simples & correc-tes , des liaisons délicates , de la légéretédans les rondeurs, du tendre & du moelleuxdans le toucher. Son accessoire a pour fon-dement le rare & le simple. Rien de mieuxque les caractères de cette écriture pourexécuter la langue latine, qui est extrême-ment abondante en parties droites ou jam-bages.

La coulée ou l’écriture de permission dé-rive également des deux écritures dont jeviens de parler : on l’appelle de permission ,parce que chacun en récrivant y ajoutebeaucoup de son imagination. L’origine decette écriture est du commencement de cesiecle.

Cette écriture , la plus usitée de toutes ,rient comme le milieu entre les deux autres.Elle n’a ni la force & la magnificence de lapremiere , ni la simplicité de la seconde.Elle approche de toutes les deux , maisfans leur ressembler ; elle reçoit dans facomposition toutes fortes de mouvemens &de variétés- Son essence est de paroítre plusprompte & plus animée que les autres écri-tures. Elle'demande dans son exécution dela facilité; dans son expédition, de la vitesse;dans fa pente , de la régularité ; dans sesliaisons de la sineste , dans ses majeuresdu feu & du principe ; & dans son toucherun frappant qui donne du relief avec de la

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douceur. Son accessoire ne doit etre ni tropchargé , ni trop uni. Cette écriture si ordi-naire à tous les états , n’est nullement pro-pre à écrire le latin.

Après cette idée des écritures,qui est suf-fisante pour faire sentir que le caprice n’endoit diriger aucune , il est à propos de direun mot surl’efprit quia fait composer lesplanches qui les concernent. L’auteur fixé àIÇ, n a pu s etendre autant qu’il auroit dé-siré; néanmoins voulant rendre son ouvrageutile, & à la portée de toutes les personnesil ne s’est point écarté du simple & du na-turel. En rassemblant le tout à peu de dé-monstrations & de mots , il a rejeté tousles principes introduits par la nouveauté ,& consacrés par un faux goût. Toute sim-ple que soit l’écriture , elle est déjà assezdifficile par elle-même , fans encore cher-cher à rembarraster par des proportionssuperflues , multipliées , & á la démontreravec des termes peu connus , & qui char-gent la mémoire fans aucun fruit.

On terminera cet article par la compo-sition des différentes encres, & par unmoyen de revivifier récriture effacée , lors-que cela est possible.

Les trois principales drogues qui serventà la composition des encres , sont la noixde galle , la couperose verte & la gommearabique.

La noix de gale est bonne lorsqu’elle estmenue , très-velue , ferme ou bien pleineen-dcdans, & qu’elle n’est point pou-dreuse.

La bonne couperose se connoît quand elleest de couleur céleste , tant dans l’intérieurque dans l’extérieur

La gomme arabique est bonne, Jorf-qu’elle est claire & qu’elle se brise facile-ment.

Encres à Vusage des maîtres EcrivainsII faut prendre quatre onces de noix dégale, les plus noires, épineuses & nontrouées, & les concasser feulement. Unmorceau de bois d’inde , gros comme unemoyenne plume , & long comme le petitdoigt, que l’on réduit en petits morceaux ;un morceau d’écorce de figuier , de la gros-seur de quatre doigts. On mettra ces troischoses dans un coquemard de terre neufavec deux pintes d’eau du ciel ou de riviere'.