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est quelquefois plus crédule & plus superftì- |tiense qu’on ne le pense. Que! usage de rai-son puîs-je appercevoir dans des hommesqui croient, par autorité , qu’il ne faut pascroire à l’autorité ? Quels font la plupart deces enfans qui fe glorifient de n’avoir pointde religion ? A les entendre parler , ils fontles seuls sages, les seuls philosophes dignesde ce nom ; ils possèdent eux seuls T’artd’examiner la vérité : ils font seuls capablesde tenir leur raison dans un équilibre par-fait , qui ne saurait être détruit que par lepoids des preuves. Tous les autres hommes,esprits paresseux , cœurs servils & lâches ,rampent fous le joug de l’autorité , & felaissent entraîner fans résistance , par lesopinions.reçues. Mais combien n’en voyons-nous pas dans leur société qui selaistènt sub-juguer par un enfant plus habile. Qu’il fetrouve parmi eux un de ces génies heureux,dont l’esprit vif & original soit capable dedonner le ton ; que cet esprit d’ailleurs éclai-ré se précipite dans l’inconviction , parcequ’il aura été là dupe d’un cœur corrompu :son imagination forte, vigoureuse & domi-nante, exercera Ííir leurs íentimens un pou-voir doutant plus despotique , qu’un secretpenchant à la liberté prêtera à ses raisonsvictorieuses une force nouvelle- Elle ferapafler son enthousiasme dans les jeunes ima-ginations; les fléchira, les pliera à songré , les subjuguera , les renversera.
Le traité de la liberté de penser , deCollins , passe parmi les inconvaincus ,pour le chef-d’œuvre de la raison humaine,& les jeunes inconvaincus fe cachent der-rière ce redoutable volume , comme si c’é-toit Pégide de Minerve. On y abuse de ceque présente de bon ce mot, liberté depenser, pour la réduire à l'irréligion ; com-me si toute recherche libre de la vérité,devoir nécessairement y aboutir. C’est sup-poser ce qu’il s’agissoitde prouver ; savoir,si s’eloigner des opinions généralement re-çues, est un caractère distinctif d’une raisonasservie à la feule évidence. La paresse & lerespect aveugle pour l’auroriré, r.e sont parles feules entraves de l’esprit humain. Lacorruption du cœur , ] a vaine gloire , l’am-bition de s eriger en chef de parti , n’exer-cent que trop souvent un pouvoir tyrannique sur notre ame , qu’elles détournent
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avec violence de l’amour pur de la vérité.
II est vrai que les inconvaincus en im-posent & doivent en imposer par la listedes grands hommes parmi les anciens ,qui,selon eux,se sont distingués par la libertéde penser ; Socrate , Platon , Epicure , Ci-céron , Virgile , Horace , Pétrone, Cor-neille , Tacire. Quels noms pour celui quiporte quelque respect aux ralens & à lavertu ! mais cette logique est-el!e bien as-sortie avec le dessein de nous porter à pen-ser librement ! Pour montrer que ces illus-tres anciens ont pensé librement , citerquelques passages de leurs écrits, où ilss’élevent au-dessus des opinions vulgaires ,des dieux de leur pays; n est-ce pas sup-poser que lx liberté de penser est ['apanagedes incrédules, & par conséquent supposerce qu’il s’agissoitde prouver. Nous ne di-rons pas que pour fe persuader que ces; grands hommes de l’antiquité ont été en-tièrement libres dans leurs recherches , ilfaudrait avoir pénétré les secrets mouve-mens de leur cœur , dont il est impossibleque leurs ouvrages nous donnent une con-noifí'ance suffisante; que si les incrédulessont capables de cette forcé incompréhen-sible de pénétration , ils sont fort habiles ;mais que s'ils ne le sont pas , il est constantque, par un sophisme très-grossier qui sup-pose évidemment ce qui est en question,ils veulent nous engager à respecter com-me d’excellens modelés , des sages préten-dus , dont l’intérieur leur est inconnucomme au reste des hommes. Cette ma-niéré de raisonner feroit le procès à tous'les honnêtes gens qui ont écrit pour oucontre quelque système que ce soir , & ac-cuserait d’hypocrisie à Paris , à Rome , àConstantinople, dans tous les lieux dela terre , & dans tous les temps , ceux quiont fait, & qui font honneur aux nations.Mais ce qui nous fâche , c’est qu’un auteurne se contente pas de nous donner pourmodelés de la liberté de penser , quelques-uns des plus fameux sages du Paganisme ;mais qu’il étale encore à nos yeux des écri-vains inspirés . & qu’il s’imagine prouverqu’ils ont pensé librement, pi- ce qu’ils onCrejette la religion dominante. Les prophè-tes , dit-il , so font déchaînés contre les‘sacrifices du peuple d Israël; donc les