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Tome dix-neuvième.
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prophètes ont été des patrons de la libertéde penser. Seroit-il possible que celui qui semêle d’écrire , fût d’une infidélité ou d’uneignorance assez distinguée pour croire toutde bon que ces saints hommes eussent vouludétourner le peuple d’Ifrael du culte lévi-tique ? N’est-il pas beaucoup plus raison-nable d’interpréter leurs sentimens parleurconduite , & d’expliquer l’irrégularité dequelques expreffions, ou par la véhémencedu langage oriental qui ne s’asièrvit pastoujours à l’exctitude des idées, ou par unviolent mouvement de l’indignation qu’inf-piroit à des hommes saints l’abus que lespeuples corrompus faisoient des préceptesd’une faine religion ? N’y a-t-il aucune dif-férence entre l’homme inspiré par sonDieu , & l’homme qui examine , discute ,raisonne , réfléchit tranquillement èç desang froid ?

On ne peut nier qu’il n’y ait eu & qu’iln’y ait parmi les inconvaincus des hommesdu premier mérite ; que leurs ouvrages nemontrent en cent endroits de l’esprit, dujugement, des con-noissances; qu’ils n’aientmême servi la religion , en en décrivant lesvéritables abus » qu’ils n’aient forcé nosthéologiens à devenir plus instruits & pluscirconspects; & qu’ils n’aient infinimentcontribué à établir entre les hommes l’es-prit sacré de paix & de tolérance : mais ilfaut austì convenir qu’il y en a plusieursdont on peut demander avec Swift, « qui„ auroient soupçonné leur existence , si la„ religion , ce sujet inépuisable , ne les„ avoir pourvus abondamment d’efprit&« de syllogismes ? Quel autre sujet renfer-„ mé dans les bornes de la nature & de„ sart, auroit été capable de leur procu-„ rer le nom d’auteurs profonds , & de les« faire lire ? Si cent plumes de cette force» avoient été employées pour la défense du» Cliristiínismg ; elles auroient été d’abord» livrees a un oubli éternel ». Qui jamais» sc sctoit avisé de lire leurs ouvrages , sileurs défauts n en avoient cté comme» cachés & ensevelis sons une forte tein-» ture d’irreligion ». L’impiéfé est d’unegrande ressource pour bien des gens. Ilstrouvent en elle les calcns que la natureleur refuse. La singularité des sentimensqu-’ils affectent ; marque moins en eux un

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esprit supérieur , qu’un violent désir de leparaître. Leur vanité trouvera-t-e!le soncompte à être simples approbateurs desopinions les mieux démontrées ? Se con-tenteront-ils de l’honneu'r subalterne d’enappuyer les preuves, on de les affermir parquelques raisons nouvelles ? Non ; les pre-mières places sont prises , les secondes ne(auroient satisfaire leur ambition. Sembla-bles à César, ils aiment mieux être lespremiers dans un bourg , que les secondespersonnes à Rome ; ils briguent l’honneurd’être chefs de parti , en ressuscitant desvieilles erreurs , ou en cherchant des chi-canes nouvelles dans une imagination quel’orgueil rend vive & féconde. V&ye^l’art. Intolérance & Jesus-Christ.(G)

Libertés de l’Eglise Gallicane,( Jurisp. ) Elles consiste dans l’obfervationd’un grand nombre de points de l’ancìendroit commun & canonique, concernant ladiscipline ecclésiastique que l’Eglise deFrance a conservée dans toute fa pureté ,fans souffrir que l’on admît aucune desnouveautés qui fe sont introduites á cetégard dans plusieurs autres églises.

L’auteur anonyme d’un traité des libertésde l’église gallicane , dont il est parlé dansles œuvres de Bayîe , tome I. p. jzo ,édit. de IJ 3 J , se trompe , lorfqti’il sup-pose que l’on n’a commencé à parler de noslibertés que sous le régné de Charles VI.

M. de Marca, en son traité des libertésde l’Eglise gallicane , soutient que leslibertés furent réclamées dès l’an 461 aupremier concile de Tours , & en 794 , auconcile de Francfort.

Mais la premiere fois que l’on ait qua-lifié de libertés,le droit & la possession qu’ql’Eglife de France, de fe maintenir dans sesanciens usages, fut du temps de saint Louis,sous la minorité duquel , au mois d’avril12.2.8 , on publia , en son nom , une ordon-nancé adressée à tous ses sujets dans lesdiocèses de Narbonne , Cahors , Rhodes ,Agen, Arles & Nîmes, dont le premierarticle porte , que les églises du Languedocjouiront des libertés & immunités àeféglsegallicane : libertatibus & immunitatibusutantur quibus utitur Ecclefia galhsana.

Les canonistes ultramontains prétendent

que