Band 
Tome dix-neuvième.
Seite
1045
JPEG-Download
 

V

L ï E

ífooit Lcèti , & qui faisoit une partie desNerviens, tiejjles eft fur !a petite riviered’Hefpres , diocèse de Cambray, à 4 lieuesde Maubeuge, & à 8 lieues S. de Mons.Long. z z , ; lat. f o , 2 S. ( D. J.)

LIEU , locus P í m. (en Pilofophie )c’est cette partie de l’efpace immobile quiest occupée par un corps. Voye\ CORPS <&Espace.

Aristote & ses sectateurs divisent le lieuen interne & en externe.

Le heu interne est cet espace ou cetteplace qu’un corps contient.

Le lieu externe est celui qui renfermele corps : Aristote l’appelle encore la pre-mière surface concave & immobile ducorps environnant.

On dispute fort dan s les écoles fur laquestion du heu interne. On demande , sic’est un être réel qui existe indépendam-ment des corps , ou feulement un êtreimaginaire c’est-à-dire, si c’est seulementune aptitude & une capacité de recevoirdes corps?

II y en a qui soutiennent que c’est un êtrepositif, incorporel, éternel , indépendant& infini ; & ils poussent leur assertion jus-qu’à prétendre que le lieu interne constituefimmensité de Dieu.

Les Cartésiens, au contraire, soutiennentque le lieu interne , considéré par abstrac-tion , n’est pas différent de l’étendue descorps qui y font contenus, & qu’ainsi il nediffère en rien des corps eux-mémes. Voye\Matière.

Les Scholaslíques mettent pareillementen question , si le heu externe est mobileou immobile. On déduit son immobilité decette considération, que tout ce qui se meutdoit nécessairement quitter sa place ; cequi ne pourroit arriver, si le heu s’en alloitavec le mobile ; car si le lieu se mouvoiravec le mobile , ] e mobile ne changeroitpas de place. D’autres traitent d’absiirdecette opinion d’Aristore ; ils prétendent■que si un corps en mouvement change deheu en ce sens qu’il répond continuellementpar la surface extérieure à différens corpsOU à différentes parties^ de l’efpace , ondevroit dire par la même raison qu’uncorps réellement en repos change conti-nuellement de place»

Par exemple , qu’une tour dans uneplaine , ou un rocher au milieu de la mer,font continuellement en mouvement , ouchangent de place , a cause que s un &l’autre font perpétuellement enveloppés denouvel air ou de nouvelle eaux.

Pour résoudre cette difficulté, on a eurecours à une infinité d’expédiens. Les Sco-tistes tiennent que le lieu n’est immobilequ’équivalemment. Ainsi, difent-ils, quandle vent souffle , il est vrai que Pair qui en-vironne la surface de la tour s’en éloigne •mais tout de fuite un autre air semblable &équivalent en prend la place. Les Thomis-tes aiment mieux déduire Pimmobilité duheu externe , de ce qu’il garde toujours lamême distance au centre & aux points, car-dinaux du monde. Les Nominaux préten-dent que Pimmobilité du heu externe con-siste dans une correspondance avec certainepartie virtuelle del’immensité divine. Nouspastòns légèrement fur toutes ces rêveriesqui doivent nécessiiirement trouver leurplace dans un ouvrage destiné à Phistoírede Pesprit humain , mais qui ne doiventauffi y occuper que très-peu d’espace.

Les Cartésiens nient absolument que Jelieu externe foi t une surface environnante 011un corps environné : ils prétendent que c’estseulement la situation d’un corps parmid’autres corps voisins , considéré commeen repos. Ainsi la tour , difent-ils, fera ré-putée rester dans le même lieu , quoiquePair environnant soit changé, puisqu’elleconserve toujours la même situation parrapport aux montagnes, aux arbres & auxautres parties de la terre qui font en repos.Voye\ Mouvement.

Il est visible que la question du lieu.tient à celle de Pespace. sfoyq Espace &

ÉTENDUE.,

Les Cartésiens ont raison , íì l’espace &.Pérendue ne sont rien de réel & de distin-gué de la matière ; mais si l’étendue ou Pes-pace fk la matière font deux choses diffé-rentes., il faut alors regarder le heu commeune chose distinguée des corps , & commeune partie immobile & pénétrable de Pes-pace indéfini : on peut voir aux articlescités la discussion de cette opinion : il estcertain que,suivant notre maniéré ordinairede concevoir, & indépendamment dç toute,