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pas d’instinct ponr leur conservation , ni de Isagacité pour échapper à leurs ennemis. Ils |se forment un gîte exposé an nord en été ,& au midi en hiver ; on les apprivoise aisé-ment , mais ils s’échappent lorsqu’ils entrouvent l'occasion.
Les lievres qui font dans les pays de col-lines élevées , ou dans les plaines en mon-tagnes , font excellens au goût ; ceux quihabitent les pleines basses ou les vallées ,ont la chair insipide & blanchâtre ; enfin ,ceux qui sont vers les marais & les lieuxfangeux , ont la chair de fort mauvais goût :on les appelle lievres ladres. Les lievres demontagne font plus grands & plus gros queles lievres de plaine ; ils ont plus de brunsur le corps & plus de blanc fous le cou.Sur les hautes montagnes & dans les paysdu nord, ils deviennent blancs pendant shi-ver , 8c reprennent en été leur couleur or-dinaire ; il y en a qui font toujours blancs ;on trouve des lievres presque par-tout. Ona remarqué qu’il y en a moins en orientqu’en Europe, & peu ou point dans homé-rique méridionale. W fl. nat. ge'n. ù part.tom. VI.
Le lievre , C liasse du lievre , est un ani-mal qui vit solitairement,- il n’a pas besoind’industrie pour se procurer sa nourriture.Excepté Fouie qu’il a très-fine , tous sessens lotit obtus. Enfin , íl n’a que la fuitepour moyen de défense. Aussi sa vie est-elleuniforme, ses mœurs sont-elles simples. Lacrainte forme son caractère ; son repos mê-me est accompagné de surveillance. II dortpresque tout le jour ; mais il dort les yeuxouverts. Le moindre bruit l’estraye , & Ioninquiétude lui sert ordinairement de sauve-garde.
Les lievres ne quittent guere le gîte pen-dant le jour, à moins qu’on ne les en chasse.Le soir iís se rassemblent sur les blés, oubien dans les autres lieux où ils trouventcommodément à paître. Pendant la nuit ilsmangent, ils jouent, ils s’accoupplent. Larépétition de ces actes si simples fait pres-que t otite Fhifioire naturelle cîe la vie d’un/teí're. Cependant lorsque ces animaux fontCnaíics , on les voit déployer une industrie
& des ruses , dont l’onifòrmitédeleurviene les laiííèroit pas soupçonner. Voye\Instinct.
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Les lievres font fort lascifs , & multi-plient beaucoup ; mais moins que les lapins,parce qu’ils engendrent un peu plus tard, &que les portées font moins nombreuses. Onpeut les regarder comme animaux séden-taires. Ils passent tout l’été dans les grains :pendant la récolte , l’importunité que leurcausent les moissonneurs, leur fait chercherles guerets ou les bois voisins ; mais ils nes’écartent jamais boaucoup du lieu où ilsfont nés, & ils ne font point sujets auxémigrations si familières à d’autres espèces.
Le tempérament des lievres est assez dé-licat , sur-tout dans les pays où on les con-serve en abondance. Ils souffrent prompte-ment du défaut de nourriture pendant laneige. Le givre qui couvre l’herbe les rendsujets à des maladies qui les tuent. Ils fontaussi fort exposés, sur-tout pendant leur jeu-nesse , aux oiseaux de proie & aux bêtescarnassières. Mais malgré ces dangers , leurmultiplication devient bientôt excessivepar - tout où ils font épargnés par les hom-'mes.
Lievre , ( Díete , & Mat. méd. ) Lejeune lievre ou !e levraut fournit un alimentdélicat, succulent, relevé par un fumet quiest peut-être un principe utile & bienfai-sant. II a été dès long-temps compté parmiles mets les plus exquis ; les personnes ac-coutumées à une nourriture légere digèrenttrès-bíen cette viande , mangée rôtie &fans assaisonnement. Les estomacs accoutu-més aux nourritures grossières & irritantess’en accommodent mieux , en la mangeantavec les assaisonnemens les plus vifs,commele fort vinaigre & le poivre , soit rôde,soit bouillie ou cuite dans une sauce très-piquante , c’est-à-dire , fous la forme de ceragoût vulgairement appelle civet. VoyezCivet.
I On mange le levraut rôti dans quelquesprovinces de royaume , en Gascogne & enLanguedoc,par exemple,avec uneíáucecom-posée de vinaigre & de sucre , qui est mau-vaise , mal-saine en soi essentiellement ;maisqui est sur-rout abominable pour tousceux qui n’y sont pas accoutumés.
L’âge où le levraut est le plus parfait, 1est celui de sept à huit mois. Loríqu’il estplus jeune, qu’il n’a, par exemple, que troisou quatre mois , fa chair a’est point faite 3