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pour nous servir de guides et de juges préalables, dans nos proprescompositions, et nous mettre alors dans cette heureuse situation oùnos prédécesseurs se sont trouvés, de sentir, d’étudier, de produireet dintéresser.
Quiconque se ressent de cette Influence secrète, a déjà pu juger queles autres obligations sont douces, puisqu’il ne s’agit que d’abonderdans le sens de la chose qu’on aime, de s’en occuper utilement etbeaucoup, et de se préparer, ainsi, à des résultats qui contribuerontau bonheur des autres, en faisant le sien propre. Cependant nous necroyons pas devoir dissimuler les épines qui se trouvent parmi tantde roses, et nous sommes étonnés que Vitruve , entre toute sorted’instructions qu’il adresse à son Architecte, ne lui ait pas recom-mandé aussi, pour son usage particulier, de se pourvoir d’une fortedose de philosophie, afin de supporter de bonne grâce les vicissi-tudes attachées à ÏArt et particulièrement à la profession d’Architecte .Car sans doute que, du temps de Vitruve , l’Architecture devait êtrecompromise sans cesse par la médiocrité ambitieuse; des hommes,de tous les états, concentrés dans des intérêts personnels, distraitset irréfléchis, devaient souvent préférer la matière à l’esprit, leschoses en évidence et prônées, quelque nulles d’ailleurs quellesfussent d’invention, aux conceptions les plus belles, mais peu con-nues ou seulement spéculatives , et, conséquemment, considérerl’artiste le plus occupé comme étant le plus habile. Il aura dû souvententendre traiter son art de métier à faire fortune, de mode utilesimplement pour le plaisir des yeux,*ou une autre fois, de scienceréservée uniquement pour les édifices d’importance, et, par cette der-nière interprétation, offrir à l’avarice des prétextes pour se dispenserd’employer le talent. De son temps, il aura.aussi entendu taxer lesArchitectes d’aimer la dépense, soit pour satisfaire leur imagina-tion, soit pour tout autre motif des plus vils, tandis que le véritableArtiste voudrait montrer, comme les Fées , et sans plus de fraisquelles n’en font, la puissance de son Art.
Mais il faut rendre à chaque siècle ce qui lui appartient. Oh!Vitruve n’a pas vu l’Architecture livrée, dans la plupart de ses prin-