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cipaux programmes, à des corporations toutes mécaniques, êtredirigée au moyen de formules mathématiques, étrangères à l’art : iln’a pas vu non plus ï Esprit fiscal atteindre l’Architecture, dansceux qui la professent véritablement, ni vendre des patentes deGénie à qui les refuse ou se présente pour en acheter! Et qui saitjusqu’où peut aller l’irrégularité du jugement humain, quand deshommes sensés, sous beaucoup de rapports, ont pensé que l’Artpouvait s’apprendre comme toute autre profession mécanique, qu’unProtégé pouvait remplir telle ou telle place, après un certain tempsd’apprentissage, ou faire telle opération principale, parce qu’il occu-pait tel poste, qu’il était l’élève d’un maître habile, le parent ou l’arnid’une personne en crédit; toutes préférences que l’on n’oserait pasfaire valoir dans les autres arts, sans se couvrir de ridicule? Mais,telles sont en général, nous le répétons, les aberrations de l’esprit,ses inconséquences, surtout celles qui sont particulières aux grandsEtats, lesquels, il est vrai, excitent aux idées élevées, par leurs insti-tutions, mais abandonnent ensuite leurs enfants aux fluctuationsde l’intérêt personnel et s’étonnent, encore souvent, de la médiocritédes produits.
Cessons toutefois de rembrunir le tableau, d’affliger les amantsde la Muse ; comptons plutôt sur l’instabilité des idées fausses ,et flattons-nous que dans un intérêt mieux entendu, pour chacunen particulier, et pour la société en général, il se présentera desAppréciateurs éclairés, de justes Rémunérateurs du Zèle, du Génieet des Talents.