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Tome Ier.
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IV
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ÎV Préface.

C’est envain que notre Critique nous accuse de nous êtrecontredits, parce que nous avons tracé, d’après les Historiensles plus accrédités, les contrariétés de caractère remarquées danspluiì.urs Grands-Hommes. Platarque a montré de pareilles con-tradictions dans quelques personnages qu’il a célébrés. On necitera que í'a Vie de C'iceron , qui par ses défauts paya, commetant d’autres Hommes illustres , le tribut ordinaire à l’huma-nité. Mais a-t-on jamais reproché au Philosophe de Chéronéedevoir mis dans ses portraits des couleurs opposées, parce qu’ila montré dans ses originaux des vertus & des vices qui paroif-lènr contradictoires ? On a pu dire, fans tomber dans l’incon-séquence , que Marie Stuart étoit une Princesse tòible, que l’a-mour fut la première source de íes infortunes ; mais que sonattachement à la religion Catholique , qu’clle aima & qu’ellepratiqua malgré íés premières galanteries, fit cependant unepartie de íes crimes uux yeux de les ennemis. On a pti, fans fecontredire, peindre Charle s- Quint , ( d ) d’abord comme opposé au

(i i) Notre Editeur nous reproche de l’avoir peint comme un prince quiconnoissoit peu ia droiture & la franchise. Nous ne lui citerons pas Ko-bertson , qui a parlé de son héros précisément comme nous, Sc t(ui en ainéinc dit plus que nous, parce qu’il nous répondrait que cet historien eítProtestant. Nous emprunterons le témoignage d’un historien Ecclésiastique ,qui a tracé le portrait de Charlcs-Q , d’après Ane, de Fera , Espagnol. C’estle P. Faire , qui dit que cet Empereur étoit « ambitieux à i'excès, sacri-„ fiant á la passion de dominer & sa patrie & sa religion , dur, inflexible,,, vain Lc plein de lui-même; mais couvrant ses défauts avec adresse ,&„ affectant quelquefois pour les déguiser, de pratiquer au dehors les ver-» tus les plus opposées. ( Hist. F.ccl. Liv. iç j. N*. 35. )>> Nous pour-rions rapporter vingt portraits de différons Historiens, Français Sc étrangers,C'aiholiques & Protestans, semblables à celui que. trace le P.Fabrc. NotreEditeur nous oppose un passage vague du comte A’Oxenstiern , qui neloue précisément dans Charles-Qtdnt que son habileté dans l’artds régner ,ç. fa double abdication de l’Empire & du trône d’Espagne. Nons cil aurionsdit autant que d ’Oxenjlicrn , si nous n’avions voulu faire qu’un panégyri-que. Mais les portraits de profil font presque toujours infidèles. Nôusajouterons que, pour justifier un Prince, il ne suffit pas de citer un oudeux Auteurs, qui, éblouis par l’éclat de son règne , lui auront donné deséloges dans une déclamation de rhétorique , ou dans un traité de politi-que. Avec urne telle méthode, il n’est point de Conquérant ou de Souve-rain ambitieux, qu’on ne puissepeindreenbeau.il faut, pour faire un por-trait vrai 8c ressemblant, examiner les faits , S: ne juger que d’après cesfaits discutés avec foin 8c jugés avec équité. Mais peut-ètre, comme l’in-sinuc l’Editeur de Liège , sommes-nous aveuglés par des préjugés nationaux ?Nous ne le croyons pas. La qualité de Français, dont nous saisons gloireëc qui nous est chère, ne nous a pas empêchés de dire la vérité fans fard£. fans crainte dans les articles des Rois qui ont gouverné la France. Sinotre Editeur, devenu notre détracteur, ne nous rend pas cette justice.