XX PREFACE
une belle Statue k laquelle on a coupé la têt?. Onn’a pas assez pensé à peindre les Hommes, &lur-toutceux qui, au milieu des ténèbres & des vices qui ontinondé la terre , ont fait-briller des lumières 6c desvertus. Tous les Princes, dont l’Histoire n’offre au-cun fait intéressant, ni aucune circonstance singulière,feront renvoyés dans des Tables Chronologiques ,que l’on trouvera à la tête du Dictionnaire.
Ecarter les Articles superflus, voilà le premier de-voir d’un Historien Lexicographe ; présenter les Ar-ticles nécessaires fous un jour vrai 6c agréable , voilàle second. Rien ne sert plus à remplir ce dernierobjet, que les anecdotes, 6c les anecdotes bien choi-sies. Si l’Histoire est le tableau des belles 6c des mau-vaises actions des Hommes ; il faut nécessairement desparticularités pour les faire connoìtre : elles amusentle Lecteur curieux , elles instruisent le Philosophe,elles embellissent l’ouvrage. Dans cette moisson abon-dante , que nous ossent des Livres en tous genres ,nous glanerons ce qui servira à notre but. Nousexclurons les minuties historiques , dont les petits es-prits ornent leurs porte-feuilles ; mais nous ne lais-serons échaper aucun détail intéressant, fur-tout lors-qu’il peindra le caractère , l’esprit 6c le cœur desHommes célèbres.
Nous n'oublierons pas, par exemple , à Partielsde Probus, que les Ambassadeurs de Faranant 11 ,Roi de Perse, le rencontrèrent sur de hautes Mon-tagnes au milieu de ses soldats , mangeant des poiscuits depuis long tems , 6c du porc salé. Ces cir-constances, minutieuses au jugement des esprits su-perficiels , paroîtront très-intérefl'antes aux hommesjudicieux. Qui ne sent en effet, qu’en rapportant cetrait, nous donnons une leçon de morale aux Lec-teurs ? Ils voipnt avec une admiration mêlée d’éton-nement, un Empereur Romain, c’est-à-dire,le Maître