DE LA PREMIERE E D I T10 K. XX)
de.l’Univers connu , souffrir les injures de l’air , lafaim, la soif, tandis que le moindre de nos Capi-taines veut traîner dans les Armées le luxe de nosgrandes Villes.
Quoique notre but ne soit point d’entasser simple-ment des chifres chronologiques , nous ne néglige-rons pourtant pas les dates. Nous n’en mettrons au-cune, qu’apròs nous être assurés de fa justesse , parun travail aussi ingrat que pénible. Feu de gens íça-vent quels soins il faut se donner , combien de bou-quins il faut dévorer , pour parvenir à cette exacti-tude si nécessaire, & presque toujours si négligée.
Après avoir sixé Tannée de la naissance , de lamort, du couronnement des Princes , après avoirrapporté leurs actions principales, on dira, en deuxmots, ce que la postérité en a pensé. On suivra ,dans les articles des Philosophes & des Sçavans, lamême marche que dans ceux des Guerriers & desSouverains. Les vertus douces Sc tranquilles des Sagesqui ont poli le monde , méritent autant d’attentionde notre part, que les actions héroïques & funestesdes Gonquérans qui Tont bouleversé. Les annéesoù ils ont vu le jour, & où ils Tont perdu , serontsuivies d’un court détail de leurs vertus ou de leursvices , de leurs talens ou de leurs imperfections , avecun précis des jugemens qu’on en aura portés.
Qu'on ne s’attende pas à des plaidoyers pour oucontre ; nous ne serons que témoins , 8í le Publicfera le juge. Nous avons cru devoir nous interdireun plaisir , que des Auteurs moins délicats & plusintéressés que nous se sont permis , celui de la sa-tyre. Notre Ouvrage ne sera pas assez piquant pourles Lecteurs frivoles Sc malins ; nous nous en conso-lerons, en tâchant de plaire aux Sages. 11 ne faut pasdéguiser les mauvaises actions ; mais il faut aussi re-
B ìíj