n e i’ Edition de 1779. xxxix
cher de le satisfaire. Le Maréchal Brawn & le Duc de Belle-isten’ont pas joué des relies plus importuns que les Villars & lesJLouvois'. Voltaire & /. J. Rousseau n’ont pas été plus considérésde ce siécle, que les Pétrarque & les Montagne l’avoient été duleur ; mais ceux-ci ne faisoient que de quitter le théâtre, &il faut attendre que l'enthousiasme des Spectateurs soit refroidi,pour mettre leurs portraits à leur juste mesure. Aulsi le mêmeHomme auquel nous accordons six pages en 1779 , n’en au-roit eu que deux si nous avions travaillé en 1879.
II y a eu une autre cause de la prolixité de quelques Ar-ticles. Lorsque nous entreprîmes cet Ouvrage, plusieurs per-sonnes d’un rang distingué dans le monde civil & dans le lit-téraire , voulurent bien nous communiquer des Mémoires.Quoique la plupart passassent les bornes qu’un abbréviateurdoit se prescrire, le cas que nous faisions deí'leur attentiongénéreuse , nous avoir empêchés d’y toucher & de les rédui-re. La reconnoissance doit être complaisante, mais après luiavoir donné dans la première Edition ce qu’elle exigeoit, il nefaut pas refuser au goût des Juges éclairés, ce qu’ils ont encoreplus de droit de demander. Nous avons donc élagué quelquesArticles qui paroisioient trop longs, pour faire des augmenta-tions utiles dans d’autres qu’on avoir jugés trop courts.
Certains Lecteurs auroient voulu plus de réflexions, & d’au-t es plus de faits. Qu’en faut-il conclure ? Que les goûts sontdifférens, & que l'Auteur doit suivre le sien , s’il le croît con-forme à celui du plus grand nombre. Mais je ne vous demandóisque des dates , lui dira un Critique.... Et moi, je me proposoisd’orncr les faits de quelques portraits, & de quelques obser-vations philosophiques & littéraires. Grâces aux lumières dusiécle, j’ai travaillé pour moi, & pour une multitude de Gens-de-Lettres qui pensent comme moi.
Quoique nous ayons promis d'avoir égard aux remarquescritiques dont on nous honorera, les Lecteurs judicieux sen-tiront que nous ne pouvons les adopter toutes. Par exemple,le célèbre Voltaire a prétendu dans ses Lettres fur certainsAuteurs impies , que jamais Bayle ne répondit au Cardinal dePolignac :Je fuis Protestant , car je proteste contre tout. 11 nous aaccules d avoir mêle la vérité avec le mensonge , en rappor-tant cette réponse. II ignoroit apparemment qu’elle est dansl’Eloge Historique de sillustre Prélat, composé par M. deJ?o{f,Secrétaire de P Académie des Belles-Lettres, sor les Mémoires
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