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de Guillaume de Champcaux , archi-diacre de Notre-Dame , 8t le plusgrand dialecticien de son tems,Abailard chercha d’abord à s en fai*re-aimer , & n eut pas de peine àréussir. Mais l’avantage qu'il eutdans plusieurs disputes , lui attira
I aversion de son maître 8c 1 en-vie de ses condisciples. Ce redou-table athlète se sépara d eux pouraller soutenir des assauts ailleurs.
II ouvrit d’abord une école à Mé-lún, ensuite à Corbeil, enfin à Pa-ris. Son nom devint si célèbre, quetous les autres maîtres se trouvè-rent sans disciples ; le successeurde Guillaume de Champeaux dans l'é-cole de Paris , lui offrit fa chaire,& ne rougit pas de se mettre aunombre des siens. Abailard devintlej docteur à la mode. II joignoítaux talens de riiomme-de-lettres,les agrémens de l’homme aimable.S il fut admiré des hommes, il neplut pas moins aux femmes. 11 yavoir alors à Paris une jeune fillede qualité , pleine d’esprit & decharmes, nicce de Fulbert chanoinede Paris. Son oncle, qui l’aimoittendrement , entretenois la passioncju’elle avoir de devenir sçavante.Abailard trouva dans les dispositionsde l'oncle & de la nièce , un moyende satisfaire la passion qui Heloïfe luia voitj inspirée. 11] proposa à Fulbertde le prendre en pension, sous pré-texte qu’il auroit plus de tems pourl instruction de son élève. Abailardi® rendit bientôt sensible. L’attache-tttent mutuel du maître 8c de l’é-eoliére excitant les cris du public,Fulbert voulut rompre leurs liensen les séparant ; mais il n’étoitplus tems : Heloïfe portoit dans sonsein le fruit de ses foibleffes. Abai-lard l’enleva 8c la conduisit en Bre-tagne , où elle accoucha d’un filsstu’on nomma Astrolabe. 11 fit-pro-Pofer à Fulbert d’épouser Heloïfe ,pourvu que leur mariage demeurât
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se . cr et-. Les deux époux reçurent labénédiction nuptiale; mais l’onclene crut pas devoir faire un mystèred une chose qui réparoit l’honneurde sa nièce. H t toise, à qui la préten-due gloire il Abailard étoit plus pré-cieuse que la sienne propre , nia leurunion avec serment. Fulbert , irritéde cette conduite, la traita très-du-rement. Son époux la mit à l’abride son ressentiment dans le monas-tère d’Argenteuil, où elle avoir étéélevée. Fulbert , s’imaginant qu’yí-bailard vouloir faire Heloïfe reli-gieuse pour s’en débarrasser ,apos-ta des gens qui entrèrent dans 1achambre d' Abailard pendant la nuit,8c le privèrent de ce qui avoir étéla source de quelques plaisirs pas-sagers 8c de longs malheurs. Ceramant infortuné alla cacher sonopprobre dans l’abbaye de St-De-nys en France, où tl se fit reli-gieux. 11 avoir eu auparavant uncanonicat à Paris. Hdloïse prenoiten mênae-tems le voile à Argen-teuil , moins en Chrétienne quise repent , qu’en amante abandon-née à son désespoir. Dans le mo-ment qu’elle alloit recevoir l’ha-bit religieux, elle récita des versde Lucain , qn’clle appliqua à sesaventures. Cependant les disciplesd’ Abailard le pressoient de repren-dre ses leçons publiques ; il ouvritd’abord son école à St-Denys , 8censuite à St-Ayeul de Provins,L’affluence des étudians y fut íïgrande , que quelques auteurs enfont-monter le nombre jusqu’à troismille. Les succès d 'Abailard réveil-lèrent la jalousie des autres maî-tres. Soit zèle , soit vengeance,ils se déclarèrent contre son Traitéde la Trinité, condamné au con-cile de Soiffons vers H2ï. II lefut de nouveau à celui de Sens en1140, à la poursuite de St Ber-nard. Ce célèbre réformateur y dé-nonça les propositions A'Abailard ,