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gc le pressa de les nier , ou de serétracter. L’illustre errant ne fit nil’un ni l’autre ; il sortit brusque-ment du concile, en s'écriant qu’j'stn affiliait à Rome. Les évêques ,n’ayant rien décidé par respectpour le Pape , employèrent la plu-me de S. Bernard , qui rendit com-pte au souverain pontife de l’as-semblée de Sens. Le saint abbé deClairvaux , indigné des erreursA'Abailard , le peignit sous les traitsles plus horribles. 11 mande au Papei. aa’Aíalurd fie Arnauld de Bresse»> ont fait un complot secret con-» tre Jísvs-Christ Sr conireson»> Eglise. II dit qu 'Abailard est unN Dragon infernal , qui persécute>, l'Eglise d’une maniéré d’autant» plus dangereuse , qu’elle est plus» cachée 8c plus secrette : il en» veut , dit-il , à L'ìnnoctnce des»» âmes... Ariits , Pelage 8c Ncstorìus» ne sont pas fl dangereux , puis-„ qu'il réunit tous ces monstres» dans fa personne, comme sa con-» duite 8c ses livres le fonteon-j* noître : il est le persécuteur de la»i faf le précurseur de V Antecbrisl. >*W.l’abbé Plvqi/et prétend que les
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accusations de S. Bernard étoienïdestituées non seulement de fon-dement , mais même d’apparence ,aux yeux du lecteur impartial.« Je ne fais point (dit-il) cette re-» marque pour diminuer la juste» vénération que l’on a pour cet» illustre & saint Abbé. Je vou-„ drois inspirer aux personnes,» qu’un zélé ardent anime, un peu» de défiance pour leurs propres» idées, & , s’il étoit possible , les>, rendre un peu plus lentes à con»» damner. Si, dans un ame aussi» pure , aussi éclairée que celle de»» S. Bernard , le zèle a été outré,» cóbien ne devons-nous pas nous» défier de notre zèle, nous qui» sommes fl éloignés du désintéres-»i sentent & de la charité de St>» Bernard ? >»( Dict , des Hérésies. )Quoi qu'il en soit, Innocent II ra-tifia tout ce que le concile de Sensavoir fait. 11 ordonna que les livresd ’Abailard fussent brûlés , & queleur auteur fût enfermé, avec dé-fense d'enseigner(*). Abailard ,aussimalheureux en écrits qu’enamours,publia son Apologie. II est certainque dans bien des choses il n’a-
( * ) Les erreurs qu'on lui reprochait étoient les suivantes : t”. II y a desdegrés dans la Trinité ; le Pere est une pleine puissance ; le Fils est quel-que puissance ; 8c le St-Esprit n’est aucune puissance. i°. Le St - Espritprocède bien du Pere 8c du Fils ; mais il n’est pas de la substance du Pe-re , ni de celle du Fils. z?. Le Diable n’a jamais aucun pouvoir fur l’Hom-me ; & le Fils de Dieu ne s’est jamais incarné pour délivrer l’Homme,mais seulement pour l’instruire par ses discours 8c par ses exemples ; 8cil n’a souffert, ni n’est mort, que pour faire - paroître sa charité enversnous. 4°. Le St-Eiprit est l’ame du monde. 5'. Jésus-Christ , Dieu Schomme , n’est pas la troisième personne de la Trinité , 8c l’Homme nedoit pas être appelle proprement Dieu. 6°. Nous pouvons vouloir oufaire le bien par le libre-arbitre, fans le secours de la grâce. 7°. Dansle sacrement de l’Autel, la forme de la première substance demeure.8*.On ne tire pas B Adam la coulpe du péché .originel , mais la peine.9°. II n’y a point de péché fans que le pécheur y consente, & sans qu’ilméprise Dieu. 10°. Les suggestions diaboliques , la délectation 8c l’igno-rance ne produisent aucun péché. I t°. Les suggestions diaboliques se fontdans les nommes d’une manière physique , sçavoir , par l’attouchementdes pierres, des herbes, 8c des autres "choses" dont les Démons sçaventla vertu. 12°. La foi est l’estimation 8c le jugement qn’on fait des cho-ses qu’on ne voit pas. 15”. Dieu ne peut faire que ce qu’il a fait, 8C cqqu’il fera. 14°. Jesus-Christ n’est pas descendu aux Enfers.