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IV. ADRIEN III, élu pape enS84, aptes Marin , ne garda la tiarequ’un an. Sa vertu, son zèle, fafermeté promettoienc beaucoup.
V. ADRIEN IV , Auglois , filsd’un mendiant, & mendiant lui-mcme , erra long-tems de pays^ enpays avant que de pouvoir êtrereçu en qualité de domestique chezles chanoines de S. Ru f, qui l’ag-grégérenc ensuite à leur ordre , &qui le firent leur général. II fut faitcardinal & évêque d’Abano par lepape Eugène 111 , qui l’envoya légatdans le Danemarck 8c dans la Nor-vège. A son retour le sacré collègel’éleva au pontificat, le 3 Décemb.1154. II s’en montra aussi dignepar l'élévation de ses sentimens ,que s'il eût été de la plus hautenaissance. U excommunia les Ro-mains, jusqu'á ce qu’ils eussent brûlél’hérétique Arnaud de Bresse , en-thousiaste turbulent. 11 lança une au-tre excommunication contre Guil-laume, rot de Sicile,qui avoit usur-pe les biens de bEglise.il redemandaà l’empereur Frédéric I, les fiefs dela comtesse Mathilde , le duché deSpolette , la Sardaigne 6t la Corse :il n’en pue rien obtenir alors. Ce
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pontife , fi jaloux de soutenir lesdroits de son siège, ne le fut pointd’enrichir ía famille : il laissa samere dans la pauvreté , conduiteplus extraordinaire que louable.Adrien IV aimoit la vérité , 8c cher-choir à la connoitre. Jean de Saris •beri, son ami 8c son compatriote ,étant venu le voir quelque temsaprès son élection, Adrien lui ou-vrant son cœur lui dit, qu 'il trou-voìt tant de difficulté dans la placequ’il occupait, qu il voyait l’Egliseaccablée de tant de maux , qu’il au -roit voulu n’ctre jamais sorti d’An -gletcrre [*]. Ce pontife mourut àAnagni, le 1" Septembre 115^,avec la réputation d un homme ha-bile 8c zélé pour le maintien desdroits temporels de 1 Eglise. On ade lai plusieurs Lettres dans les col-lections des Conciles.
VI. ADRIEN V , élu pape le izJuillet IZ76, étoitné à Gènes.C’estlui qui répondit à ses parens, étantfur le point de mourir : J’aimcroisbien mieux que vous me rffie\ Cardi-nal enfanté , que Pape mourant. IImourut à Viterbe, un mois aprèston élection. On a prétendu qu’iln’avoit jamais été sacré évêque ,
t * ] II demanda un jour ( dit Fleury) h ce mêm e Jean de Sarisberi , cequ’on disoit de lui 8c de l’église de Rome ? Jean répondit avec liberté:
“ O11 dit que l'église de Rome ne se montre pas tant la mere des autres» églises , que leur marâtre. On y voitdes gens qui dominent fur le clergé," lans se rendre l’exemple du troupeau. Ils amassent beaucoup d or, d'ar-» gent 8c des meubles précieux ; ils font avares 8t insensibles aux misères» des pauvres ; ils semblent faire-consister toute leur religion à s'enrichir...» Tout le monde vous donne le titre de Pere : pourquoi faut-il donc que» tous vos eníans vous offrent des présens ? Vous êtes, 5 . Pere, hors du» droit chemin. Donnez gratuitement ce que vous avez reçu gratuitement.»Te pape sourit, 8c loua son ami de la liberté avec laquelle il lui parloir,lui ordonnant de l’informer de tout ce qu’il entendroit dire sur son com-pte. Cependant,pour justifier les contributions que l’église de Rome rece-voir <le tous les royaumes chrétiens, il allégua la Fable de ì’Estomac 6 c desMembres, qui le plaignoient qu’il prohtoit seul de leur travail, 8c qui trou*vérent ensuite par expérience, qu’ils ne pouvoient subsister fans lut. D’ail-leurs ces contributions íous des pontifes vertueux, tels qu 'Adrien IV,étoient employées à l’embeUìssement des Eglises, au rachat des esclaves,a u soulagement des pauvres, 8c à toutes les œuvres d’une charité com-patissante 8c généreuse. Ainsi Fleur y , qui nous a fourni ce trait, a peut*être tort de ne pas trouver justel’applicution qu 'Adrien IV fit de la fablei’Estomac Sc ries Membres.