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jeune-homme, qui devint depuisministre d’Li'pagne , crut avoir faitfa fortune en obtenant une placede clerc-lbnneur à la cathédrale dePlaisance. On le fit prêtre, & sonevêque lui donna l’intendance de samaison 8c un canonicat de son égli-se. Quelque tems après ayant ob-tenu une cure , le poète Campijìron,qui avoit été vole , se réfugia chez.lui. Alberoni l'accueillit avec beau-coup d’humanitc , l’habilla , 6c luiprêta même de 1 argent pour allerà Rome, Ce petit evenerneut tutl’origine de fa fortune. Campifirjn,secrétaire d» duc de Vendôme, ayantsuivi son maître en Italie, se sou-vint de son bienfaiteur, & en parlaà ce prince , comme d’un hommequi excelloit à faire des soupes àroignon,iTiús qui déplus avoit beau-coup d’intelligCBce , de souplesse ôíde dextérité. Vendôme se servit delui pour découvrir les grains queles habitans tenoient cachés. Ceservice rattacha à ce général. 11vint avec lui à Paris, où l’on vou-lut lui donner la cure d’Anet ; Al-beroni la refusa , aimant mieux ctreá la fuite de son protecteur , qu’àla tête d’une paroisse. Leduc nom-mé général des années en Espagneeut besoin de lui pour entretenirsa correspondance avec la princessedes Urjîas , qui par ses intrigues& son esprit, s’ctoit mise à la têteries affaires d’Efpagne. Madame desUrfins protégea dès ce moment ^1/-bervni. Ce fut par son crédit qu’ileut le titre d'agent du duc de Parmeà la cour de Madrid. 11 proposa ácette favorite d’engager Philippe Vá épouser Elisabeth Farn'efe , héri-tière de Parme, de Plaisance Sc dela Toscane. La princesse des Urfins,espérant de perpétuer son règnesous le nom de la nouvelle reine,détermina le roi à cette union. Al-beroni fut chargé de suivre la né-gociation , Lc s’en acquitta avcc
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succès • ( Voyci ! ’ 3rr ' tl’EuZABJETKFaríiesi:. ) Ce mariage , qu’il allaconclure lui-même , mit le combleà fa faveur. La reine, à laquelleses grâces & son esprit donnoientbeaucoup d’ascendant sur son époux,fit-nommer Alberoni cardinal, grandd’Espagne & premier ministre. Pourparvenir á la pourpre , il avoitflatté le pape , en faisant-rendreà son nonce en Espagne la clef 6cles papiers de la nonciature , quilui avoient été ôtés. 11 envoyaen même tems des escadres , pourdefendre l’Italie menacée par lesTurcs, qui assiégeoient l’isle de Cor-fou. Cependant il rétablissent 1 au-torité du roi dans le gouverne-ment ; il corrigeoit beaucoup d’a-bus ; il faisoir des réformes im-portantes dans Tordre militaire ,qu’il mit fur ie pied de celui deFrance. Des projets plus impor-tans l’occupoicnt encore, quoiqueson imagination bouillante fût plusfaite pour former de grandes en-treprises , que pour les bien con-yerter. Elevs auffi rapidement queRichelieu , dès qu’il fut à la tête dugouvernement , il voulut á sonexemple donner quelques secoussesà PEurope. Après avoir mis Tor-dre dans les finances d’Efpagne,il forma le dessein de s’emparer dela Sardaigne & de la Sicile. Pourempêcher les puissances intéresséesde déranger ses projets, il s’unitavec Pierre le Grand , avec CharlesXII, Sc avcc la Porte Ottomane.Son dessein étoit d’armer le Turccontre l’empereur ; le Czìë 6c leroi de Suède contre les Anglois ;de rétablir le Prétendant fur letrône de ses peres , par les mainsde Charles Xll ; d'ôter la régencede la France au duc d’ Orléans, Lede rendre l’italie indépendante deP Allemagne. Tous ses projets sédissipèrent comme ils s'étoíent for-més, Le duc d 'Orléans lçs décott-