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Tome Ier.
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vrit par le moyen d’une courti-sane, & en instruisit le roi George.

Ces deux princes s’unitent ensem-ble contre l’Espagne , lui déclarè-rent la guerre en 1718 , & ne tìrentla paix qu’à condition qu 'Alberuniseroit renvoyé, four que PhilippeV se déterminât plus aisément âlui ôter sa confiance, l’abbé Dubois ,instruit pat ses espions de l'asceri-dant que Loura nourrice de la reineavoir for cette princesse, lui fit-offrir tout l’argent qu'elle voudroit,si elle se prctoit à ce qu’on deman-doit d’elle. L’intérct réuni à la hainedétermina cette femme. La reineayant abandonné le cardinal, il re-çut le 5 Décembre 1710 un ordrede Philippe V de sortir dans 24 heu-res de Madrid, & dans quinze joursdu royaume. « Alberoni , ( dit Z>u-» clos , ) partit avec des richesses» immenses. 11 y avoir déjà deux» jours qu’ilétoit en marche ,lorf-» qu’on s’apperçut qu’il emportoit» le testament de Charles 11 , qui" instituoit Philippe V héritier de>' la monarchie. II fallut user de» violence pour s obliger à rendre» ce testament. II avoir fans-doute» envie de gagner la protection de» l’empereur, en lui remettant ce" titre précieux. Alberoni devant» traverser la France, le chevalier» de Marcion eut ordre d aller le” prendre à la frontière , de ne le» quitter qu’à ['embarquement, &

■ de íne pas souffrir qu’il luifùt>' rendu aucuns honneurs fur son» passage. Le cardinal se rendit à” Parme , n’osant s’exposer au res-" sentiment du pape. Ce ne fut„ qu’en 1721 à la mort de Clément» A 7 ,qu’il alla à Rome pour le con-» clave. » Le nouveau pape Inno-cent XIII fit-examiner par des com-missaires du sacré collège, la con-duite de leur confrère, accusé d’a-voirétó d'intelligence avec le Turc,Pour inquiéter quelques puissances

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chrétiennes. Alberoni fut enferméun an chez les Jésuites. 8’étant re-tiré quelque tems après dans sa pa-trie , tl y établir un séminaire , fit-élever à íes frais tous les bâti —mens qui croient immenses , & ac-

quit des fonds convenables pourun tel établissement. Comme ilréunissent á ces fonds ceux qu’il dé-couvroit avoir été usurpes fur leclergé dans le voisinage de Plai-sance , les Plaisantins ne voyoicncpas son séminaire de bon œil. Dansla campagne de 1746, cet édifice de-venu le point d'attaque & de défen-se entre trois formidables armées ,fut foudroyé à lès yeux par toute['artillerie Espagnole & Génoise.L'esprit remuant de ce cardinal nele quitta pas. On connoit ['entre-prise qu’il forma fur la petite ré-publique de Saint-Marin, vers l’an1750, pendant sa légation dans laRomagne : elle ne lui réussit pasplus que celles qu’il a volt tentéesfur des états plus puissans. Ce car-dinal mourut le 26 Juin 1752, âgéde 87 ans, avec la réputation d’ungrand politique , & d’un ministreauffi entreprenant 8c aussi ambitieuxque Richelieu , aussi souple 8c aussiadroit que Malaria ; mais plus in-considéré, plus chimérique quel'un8c l’autre. II conserva jusqu’à sesderniers jours fa santé 8c son es-prit. Dans la conversation , il te-rroir souvent la parole , 8c d’unemaniéré si aisée 8c si vive,qu’il ajoû*toit encore de l’intérêt aux faitsintéressans par eux-mêmes.Ses ré-cits é«fient mêlés d’italien, de fran-çois, d’espagnol, suivant les affai-res ou les personnes qui en étoientl'objet. Quelque maxime de Tacitequ’il citoit en latin, venoit ordinai-rement à l’appui de ses réflexions.Les campagnes où il avoir suiviVendôme , ion ministère en Espagne,8c les événemens courans , étoientles objets les plus familiers de ses