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Tome Ier.
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nient sa façon de vivre , & adoptacelle des Lacédémoniens , le bai-gnant dansl’eau froide, ne prenantque des alimens grossiers, & pa-roissant ne plus se fouvenirdes cui-siniers & des parfumeurs d’Athè-nes qu'il quittoit. Soeratc , son maî-tre, n’auroitplus eu raison de luidire : « Que sil ft comparait arec lesn jennes-gens de Lacédémone , il feroitn un enfâne à leur égard. »» Alcibiadeservir les Lacédémoniens avec lavivacité que donne le ressentiment,11 fic-révolter l'isle de Chio& plu-sieurs antres villes d'Ionie. Les gé-néraux Spartiates, jaloux de cetétranger , inspirèrent tant de mé-fiance aux magistrats, que ceux-ciordonnèrent de le f ai-e-mounr.Al-cibiade , averti de cet ordre injuste,se réfugia auprès de Tifaphernc ,satrape du roi de Perse, & négociaen même rems son retour à Athè-nes 40S ans avant J. C. Le peupleAthénien, léger & inconstant, lereçut avec enthousiasme, après sa-voir condamné à perdre la vie. IIl’honora de la couronne -d or , luirendit tes biens , & ordonna auxprêtres & aux prêtresses de com-bler de bénédictions celui contrelequel ils a voient fait - prononcerdes anathèmes. Alcibiade méritoitun tel accueil. Avant que de ren-trer dans fa patrie, il avoit obligéles Lacédémoniens à demander lapaix, Sc s’étoit emparé de plusieurs

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villes fur les frontières d'Asie.’Quelque tems après, les Athéniensle nommèrent généralissime de leurstroupes. Antioc/ms, i'011 lieutenant,ayant perdu une bataille navalecontre les Lacédémoniens, Alcibia-de , à qui on attribua ce mauvaissuccès , fui déposé. Vharnabaie, sa-trape Persan , lui offrit un asyle ■,qu’il accepta ; mais Lyfandre roi deSparte , ayapt prié le satrape de sedet'aire d’un génie aussi supérieurque dangereux, le Persan eut lalâcheté de se prêter á ce dessein.Ceux qu’il chargea de cette exécu-tion , le tuèrent de loin á coups deflèches , vers i’an 404 avant J. C.dans fa ço' année. Ses meurtriersn’osant l’attaquer, avoient mis lefeu à ('endroit où il étoit. Le hé-ros se fraya un chemin au milieude ses assassins, & ne périt que parla quantité des traits qu’ils luilan-çoient en fuyant. .. [*] Les inclina-tions de son enfance avoient an-noncé ce qu’il feroit. Un jour qu’illuttoit contre un de ses compa-gnons, il se sentit si vivement pres-sé , qu’il le mordit aubras, com-me s’il eût voulu le dévorer. L’cf-fensé s’écrie : Ah , traître', tu mordscomme une femme ! —Dis plutôt com-me un lion, répond Alcibiade... Dansune autre occasion , il jouoit auxosselets dans la rue : un chariot vincà passer. II prie le conducteur déc-réter tin moment ; mais ce charrier

[*] M. Turpin a tracé un portrait très-rcssembbnt á’Alcibiade. « La r.a-,, ture en le formant réunit toutes fes forces, pour en faire un homme acccm--, pli. Des traits nobles & intércssnns , des grâces touchantes & soutenues rie» tous les dons cíu génie & de l’aménité du caractère , lui assurèrent un em-,, pire absolu fur les cœurs Sc les esprits. Né avec toutes les passions, il les„ asservit à son ambition ; & Prothce politique, i! fut tour-A-tour altìer<fk po-„ polaire, Intempérant Sc frugal, décent Sc iicentietix; toujours différent de„ lui-même > il ne fut que ce qu’exigeoit le moment. Sa beauté 11’éprouva„ point les outrages du tems ; 8c, par un privilège exclusif, il sçut plaire dans„ son été comme dans son printems.il est difficile de ne pas abuser d’1111 si„ riche partage : aussi fut-il le corrupteur dçs moeurs publiques. II prêta à la„ débauche les grâces de la volupté : & les vices, pour ainsi dire ennoblis» par fes exemples, si’ofïrirent rien de rebutant. >1