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dcrable pour perfectionner l'His-toire naturelle ; si l’on fait atten-tion qu’il fut aussi habile à conser-ver ses conquêtes , qu’heureux àles faire. Dans la rapidité de sesexpéditions , dans le feu de ses pas-sions mêmes , ( dit le président deMontesquieu , ) il avoit une failliede raison qui le conduisoit. S’il estvrai que la victoire lui donna tout,il fit auffi tout pour se procurer lavictoire ; ne laissant rien derrièrelui, ni contre lui ; n’éloignant pointde fa flotte son armée de terre ; seservant admirablement-bien de ladiscipline contre le nombre. 11 ci-menta toutes les parties de son nou-vel empire, en réunissant les Grecs& les ferses , & en faisant dispa-roître les distinctions du peupleconquérant & du peuple vaincu. Lesautres héros détruisirent plus qu’ilsne sondèrent-, Alexandre fonda plusde villes qu’il n’en détruisit. Maisune partie de la gloire á'Alexandrefut ternie, lorsque la colère, le'vin& l’orgueil le dominèrent sur la finde tés jours. Le meurtre de Ciitusson ami au milieu d'un repas, tonamour pour l'eunuque Laçons, sesexcès avec les femmes, à ía maniede vouloir passer pour le fils d’unDieu, font des taches éternelles àla réputation... Les historiens nousOnt peint Alexandre dune taillemoyenne, le coù un peu penché,les yeux à fleur de tête, Scie regardfier, tel qu’il le falloir au maître dumomie. Quelques anecdotes servi-ront a taire connoître son caractè-re , tel qu’il étoit dans les beauxjours de fa gloire. Ce héros ne vou-lut jamais permettréqu’à trois artis-tes de travailler à son portrait : àPraxitèle , en sculpture ; à Lyfippe .en fonte; Sc au célèbre Apeltes , enpeinture... Quoiqu ’Alexandre méri-tât des cloges , il ne les recher-choi' pas avec avidité. Un poètelui ayant présenté de mauvais vers,
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11 le fit payer très-libéralement ,tuais à condicion qu’il ne íe mêle-roit plus d’en faire. Un autre de cesflatteurs qu’on appelle historiens ,lui litoit, cn traversant un fleuve,la description d une de ses conquê-tes, ou la vérité étoit altérée pardes exagérations ridicules , le con-quérant indigne jetta l’ouvrage dansl’eau. {Voyci aujji i u. A. G 1 s.) Sonamour pour les arts se signala dansplusieurs occasions. Sur la simpleprière d’un philosophe , qui avoiteu quelque paît a son éducation,il pardonna à une ville qu’il avoitjuré de détruire. Mais Àerl'épolispaya cher la passion qu’il avoit con-çue pour une de ses maîtresses :Thaïe lui mit en main le flambeauqui ré duisit cette ville en cendres...
II eut le bonheur peu commun d’a*voir des amis tendres. U est vrai,que son attachement pour Ephef-tion fut soupçonné d'être peu hon-nête-, mais l’histoire ne rapportantde ce favori que des actions loua-bles & courageuses , il semble mé-riter qu’on n’attribue son élévationqu’à la vertu. D’autres officierseurent auffi part á la confiance deleur maître. 11 vivoit familièrementavec eux. 11 oublioit son rang dansbien des occasions, où peu de sou-verains auroient la force de ne pasle íaire-sentir. Un jeune Macédo-nien amena, dans un bal où il étoit,une courtisane pleine de grâces &de talens. Le roi , cn la voyantdanser, ne put se défendre de quel-ques désirs ; mais ayant appris quele jeune-homme aimoit cette filleavec passion, il lui fit-dfie de se re-tirer promptement & d’emmeneravec loi fa maîtresse... On vouloirl’animer contre un homme qui con-damnait toutes les actions -, il secontenta de répondre : Cest U fortdes Rois d'être blâmés , mime quandils se conduitent It mieux...La veillede la bataille d’Arbelles, on vint