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Tome Ier.
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çois eût pu voir fer désirs accom-plis, s’ileùt été auffi rusé que lescardinaux Italiens. II fit des dé-marches pour sc procurer la tiare.;mais le cardinal Julien de U Ro -vert ( depuis Jules ll) , plus politi-que que lui, la lui enleva. Les Vé-nitiens ayant beaucoup contri-bué à son exclusion , il excita LouisX 11 à leur faire la guerre. LaFrance perdit le cardinal d 'Am-boise en 15 to: il mourut le 25 Mai,à Lyon , de la goutte àl’eftomac ,dans le couvent des PP. Célcstins,âgé de 50 ans. On dit qu’il répé-tois souvent au Frcre infirmier quile servoit dans fa maladie : FrereJeun , ou c n'ai-je été toute ma vie FrereJean ! On a beaucoup loué ce sageministre d’avoir travaillé au bon-heur des François ; mais on l’a blâ-mé d’ayoir signé , au nom de sonmaître , le traité conclu à Blois en1504, par lequel la France risquoitd'ctre démembrée. Ilgouvernoit leroi & f état. Laborieux, doux, hon-nête, ilavoit du bon-sens, de lafermeté , de Inexpérience; mais cen’étoit pas un grand génie, ni unhomme á vues étendues. L’enviequ’il témoigna de supprimer les im-pôts , lui sit-donner de son vivant,8t encore plus après fa mort , lenom de Pere du Peuple. 11 méritâ tencore ce titre, parle soin qu'il pritde réformer la justice. La plupartdes juges étoient des âmes vénales,qui sc laissoient ou corrompre ouintimider; les pauvres, 8t ceux quin’avoient point d’appui , ne pou-voienc jamais obtenir justice, quandleurs parties étoient puissantes &riches. Un autre désordre , non-moins grand , troubloit la France.Tous les procès trainoientfifort enlongueur, étoient d’une si grandedépense, & accompagnés de tant dedétours 8c de chicanes, que la plu-part des gens aimoient mieux aban-donner leurs droits, que de s’effor-

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cer à les recouvrer par d’éternellesprocédures. o'Amboisc résolut de ré-médier à ces abus. II appella auprèsde lui les juges & les jurisconsultes,les plus intègres, les plus fçavans ;& les chargea de voir ce qu’il y avoità faire p’ que la justice fût adminis-trée sans partialité, pour abréger lesprocès & les rendre moins ruineux8t pour prévenir la corruption desjuges. Quand les commissaires qu’ilavoit établis , eurent déclaré leschangemens qu’il y avoit à faire auxanciennes loix , 8c les nouvellesqu’il étoit à propos d’établir, d 'Am-boise se chargea lui-même du soinpénible d’examiner à fond leur pro-jet. Après y avoir fait quelq’ chan-gemens , ces nouveaux réglemensf jrent publiés dans tout le royau-me ;& comme il avoit été fait gou-verneur en chef de Normandie, de-puis l'avènement de Louis XII â lacouronne,il alla lui-même dans cet-te province avec le titre imposantde réformateur général, p : y faire-;recevoir son nouveau Code. Va ycçfa Vie par l'abbé le Gendre, 1721 ,in-4°, ou 2 vol. in-12 ; 8c ses Let-tres à Louis XII , Bruxelles 17124 vol. in-12.

11. AMBOISE , ( Aimery d')grand maître de Tordre de S. Jeande Jérusalem , successeur de Pierred’Aubujsvn cn 1503 , étoit frere d»précédent. La victoire navale qu’ilremporta en 1 j tofurle soudand’E-gypte, proche Monte-Négro, lui fitun nom dans son ordre 8c dans l’Eu-ïope. II ne vécut que 2 ans aprècet événement, étant mort le 8 No-vembre 1511. dans fa 7S* année.

« C’étoit un prince sage, ( dit l’ab-béde Vertot,)» habile dans le gou-» vernement, heureux dans toutes« ses entreprises ; qui enrichit son» ordre des dépouilles des Infidèles,

» fans s’enrichir lui - même ; qui» mourut pauvre , 8c n’ea Uijl'â» poqic dans l iste, »