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par terre 8t pleurant sans cale.Elle en prit le deuil en noir ,quoique les reines l’eussent portécn blanc jufqu’alors. Ses dames decompagnie la plaignant un jour ,d être a Ion âge, Sc sans enfans (*),veuve d’un si grand roi ; elle répon-dit qu Hic demeurerait plutôt veuvetoute su vie , que de s'abaiffer à unmoindre que f.n premier époux, , .«
Louis XII, successeur de Cha-lesJ'III, vint a bout de la consoler. IIépousa Anne , qu'il avoir aimée ,lorsqu’il n’étoit encore que ducd’Orléans. Cette princesse donnaà fa cour un grand éclat, par legrand nombre de DU" de quali-té, Bretonnes & Françoises, qu’elleappella auprès de fa personne. Samaiíon étoit une excellente éco'e :elle leur offroic le modèle desvertus, & leur donnoit l'exem-ple du travail. C’est elle qui forma1’ctablissement des Filies d’honneurde lu .leine , remplacées en 1673par les Dames du Falais. Jouissantde la plus grande partie des re-venus de la Bretagne , elle s’enfervent pour secourir les miséra-bles , pour donner des équipagesaux pauvres officiers ,pour soula-ger le ars enfans Sc leurs veuves.Mais narmi les objets de fa libé-rable elle choilissoit de préférenceles Bretons : aussi le roi dons sesgor .cites , ( dit Brantôme , ) l’ap-peltoit quelquefois fa Bretonne, par-ce qu elle avoir réellement le cœurplus breton que françois. Elle ai-moir les fçavans & leur faisott dubien. Une de ses manies étoit devouloir paroitre plus instruicequ’el-le ne l'ctoit. Dans les audiencesqn’elle donnoit aux ambassadeurs ,cllemèloit touj." dans la conversation quelque mot de leur langue ,qu’elle avoir eu soin d’apprendrepar cœur. Elle étoit naturellement
(*) File en avoit eu 3 garçons,quicroient morts au berceau.
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éloquente,judicieuse, sensée, agréa-ble. Sfln cœur étoit généreux, sen-sible & francs mais fa hauteur sa-voir rendue vindicative : ( Voye\
I. Rouan. )Trop fiére de sa ver-tu , elle voulut gouverner son se-cond époux , & y réussit malgré ses 1caprices. Lorfqu'ot) lui disoir quefa femme prenoit trop d’empire furlui, il répondoít : II faut souffrir quel «que cn se d'un t femme, quand elle aimeson mûri & son honneur ,. . Louis XIIlui résilia pourtant dans quelquesoccasions; & on connoit la fable desBiches qui avaient perdu leurs co’nespour s’être égalée , aux Cerfs, que ceprince lui cita très-a-propos. C'estla première de nos reines , qui aitjoui de la prérogative d’avoir desgardes à elle, outre cent gentils-hommes , & de donner audienceaux ambassadeurs.
1 X. ANNE d’A utriche, fille iaînée de Phil ppe It roi d’Efpagne ,femme de Louis XIII , & me ré deLouis XIV , eut la régence duroyaume pendant la minorité deson fils. Le parlement la lui don-na par un arrêt du 18 Mai 1643 ,
& cassa le testament de Louis XIII,
Le cardinal Malaria, qui avoit tou-te la confiance de la reine, gou-verna defpotiquement le royaume,fans que son administration cau-sât d'abord le moindre murmure.
Les victoires du duc A'Enguien ,si célèbres sous le nom de GrandCondé , faisoienc l’allégresse publi-que , & rendoient la régente res-pectable. Mais l’avidiré derin , l’augmentation des impôts , &l’ambition des grands, préparoientune guerre civile. Les grands sei-gneurs, jaloux de ce que la reineavoit fait un etranger le maître dela France & le lien, excitèrent desséditions. Elle futobligee de s’cn-fuir de staris , & d'implorer le se-cours du grand Condé, Lç peuple,teujours exttême.ciiaaton des vau-