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Tome Ier.
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•levîîles injurieux à fa vertu. Lestroubles s’étanr pacifiés, Anne i'Au-triche donna tout son tems auxexercices dc piété. Elle fit-bâtir lamagnifique église du Val-de Grâ-ce , & mourut le 20 Janvier 1666,d’un cancer , âgée de 64 ans. Onconnoît fa réponse à Malaria quih sondoit sur la passion du roi poursa niece , & qui feignoit de crain-dre que ce prince ne voulût l’é-pouser : Si le Roi étoit capable deCette indignité , je me mtttrois avecmon fécond fils, à la tète de toute ladation , contre le Roi &• contre vous,Cette réponse étoit l image de soncaractère , bon & indulgent ; maisplein de noblesse 6c de hauteur :( ^vye^ ILI. Richelieu & I. Buc-Kingham.) Elle ne manquoit ni debeauté , ni de grâces ; & c’est à elleque la cour da France , dut en par-tie , les agremens 6c la politessequi la distinguoient de toutes lesautres cours de l’Europe, fous lerègne de louis XIV. Elle avoir jouide peu de bonheuravec Louis XIII,Richelieu , qui dominoit ce prince,& qui n’aimoit pas la reine , luiavoit persuadé qu’elle étoit en-trée dans les comjdors de Chalais :( V oye^ ce mot.) L'idée de cette ac-cusation se grava si profondémentdans l’esprit soupçonneux 8t mé-lancolique de Louis XIII, qu’au litde la mort , la reine lui ayaht faitdire par Chavigni quelle n’avoiteu aucune part aux desseins deChalais , le roi répondit : Ln l' état■ °ù je fuis , je dois lui pardonner ;mais je ne puis ta cr ■ire... M.id s debloitcvilU rapporte au sujet de cesétranges imputations , une parti-cularité qu’elle dit avoir entenduede la propre bouche de la reine;C'est que le roi la fit venir auconseil ; qu'il lui reprocha en facequ-elle avoit conspiré contre fav ie pour avoir un autre mari; 6cque la reine, outrée de cette ac-

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eufation , lui répondit avec fer-meté, quelle auroit trop-peu gagniau cita gê , de vouloir commettre unfi grand crime pour un ft petit intérêt,Cependant Richelieu .intéressé à I»desservir, fit-éptet toutes ses dé-marches. Elle entretenoit un com-merce secret de lettres avec lareine d’Angleterre . avec le ducde Lorraine, 6e sur-tout avec leroi d’Espagne son frere. II ne futpas difficile , lorsque ce commercefut découvert, de prouver à LouisXIII , que la reine son épouse étoitplus attathèe aux intérêts dc l’Es-pagne qu’à ceux de la France. En1637, les soupçons allére u (i loin,qu’eile fut obligée de répondre auchancelier fur les intelligencesqu elle pouvoir avoir avec les puis-sa.icts étrangères. Elle nia d’abord ;ensuite elle avoua un partie de sacorrespondance, plus imprudenteque triminelle, & fut obligée d»demander pardon â son époux , Scde ligner un écrit où elle promet-toit plus de prudence St plus dezèle. Ces tracasseries,jointes à cellesde la Fronde , prouvent que la fé-licité n'eft pas dans le plus hautrang. Malgré fa juste averlion pounRichelieu , elle tendoit justice a sonmérite. 6e trouvant à Ruel dans lespremiers jours de fa régence St re-gardant un parerait de ce cardinal,elle dit aux seigneurs qui étoiencauprès d’elle : Si ect homme eût vécujusqu à cette heure , U auroit été pluspu jfant que jamais, Ç’auroit été sa-crifier ses reffentimens particuliersau bien de l’etat,& donner la preuved'un grand caractère. II ne fautdonc pas s’en rapporter entière-ment à ce que le cardinal de Ret{dit de certe princesse dans ses Mé-moires, Ce prélat qui n’avoit pasà se louer d'elle , St qui avoir feintcependant d’en être amoureux, luidonne plus d’aigreut que de hauteur ,plus de hauteur que dc grandeur , plus