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Tome Ier.
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«... Antoine, qui vrt sa fortune dé-rangée par la mort de César , enconnut la douleur la plus vive. 11vouloir la dissimuler pendant quel-que teins ; mais elle éclata tout-à.coup. II soutint vivement la mé-moire de César contre le sénat quialloit le déclarer tyran. 11 pronon-ça son éloge funèbre, & excita lepeuple à punir les assassins de cegrand-homme. II exalta ses vertus,les conquêtes, ses actions immor-telles , raMélla ses dignités, sontitre de P^k de la Patrie , le dé-cret qui ordonnoit que sa person-ne seroit sacrée. 11 montra ensuiteau peuple la robe sanglante de Cé-sar , ce grand-homme si cher aux£>>eux & l’objet de l’adoration desmortels. Le peuple excité par sonéloquence devint furieux , & lesv >eux soldats qui avoient servi fousC '/''i'-,voy5t mettre le feu au bûcher,y jettérent leurs couronnes , leurslaques , leurs bracelets & les autres°rnemens dont leur valeur avoir étérécompensée. La populace voulant* |eur exemple signaler son zèle ,brisa les bancs des magistrats , &Prit autour du bûcher des tisonsP°ur aller mettre le feu aux maisonst* es meurtriers. C’eft ainsi que leParti d 'Antoine devint plus consi-dérable de jour cn jour ; & il au-r0 ‘t pu remplacer César , si Cicéronne lui eût opposé Octave , appelleensuite Auguste. Le nom de ce jeu-ne-homme , la douceur St la no-blesse de sa physionomie, ses adroi-* e s insinuations , tout concouruta lui faire des partisans par-mi le sénat & le peuple. La haineri 'Antoine contre cet héritier de^sar , le rendit odieux aux Ro-mains , auxquels le nom de ce hé-ros étoit cher. Pour se laver dureproche d’ingratitude envers lamémoire du dictateur , auquel ildevoit son élévation & sa fortu-1,0 t il lui érigea une statue dans U

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tribune aux harangues avec cetteinscription : au Pere htavBien-faiteur, df. la Patrie. Maisle sénat ctoit déja dans les inté-rêts d Octave. Antoine , déclaré en-nemi de la république , so retiradans les Gaules. On envoya Oc-tave & les consuls Pansa & Hir-tius pour le combattre. Après dessuccès balancés de part & d’autrese donna la bataille de Modènc.Quoiqu’^nte/ne y combattit en hé-ros , il fut vaincu, & réduit à seretirer auprès de Lépide, Pansa futtué à cette journée; il conseilla enmourant à Octave de s'unir à An-toine. Ce conseil fut suivi quelquetems après , lorsqu’-d/t/oma , quiavoit levé six légions dans les Gau-les , parut en Italie avec 17 légions& dix mille chevaux. Ce fut alotsque commença le Triumvirat entreLépide , Octave & Antoine. Un despremiers fruits de ce célèbre bri-gandage , fut la mort de Cicéron ;fa tête fut portée à Antoine , quieut la lâcheté de l’insulter. Ce-pendant il auroit été témoins crueldes trois assassins , s'il n’avoit étéexcité par les fureurs de fa femmesuivie. Souvent même il ignoroitles vengeances exercées en sonnom. Ses soldats lui ayant portéla tête d’un proscrit, qui leur avoitété fort recommandé de sa part :îìelas ! leur dit-il, je ne le connaispoint,ni ne l’ai jamais vu..,. LesTriumvirs ayant cimenté leur puis-sance du sang des plus illustres ci-toyens, ( Voy. NoNIUS & VoLUM-Nïus. ) se déterminèrent à poursui-vre Brutus & Castìus , meurtrierde César, Antoine U‘5 atteignit à Phi-lippes , leur livra bataille & les dé-fit. Après la mort de ces soutiensdu nom républicain , les tyrans deRome en partagèrent entr'eux l’em-pire , comme on partage une terre.Antoine eut la Grèce , la Macédoi-ne , la Syrie & l’Asie. II fut obligé