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Tome Ier.
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p!e i il l es acquitta de son proprebien. Fausiiní, ton épouse, lui ayantfait des reproches : Ne deve\-vouspas/savoir, lui dìt-il, que depuis quebous sommes parvenus à Cempire , nousavons perdu le droit de propriété , mi-me fur ce que nous pojfédions aupara-vant ? Ce prince donna en effet sonpatrimoine à l’état, s’en réservantseulement ['usufruits lui & à fa fillequ’il maria à Marc-Aurèle ...II ne craignoit rien tant que de dé-plaire à son peuple. Dans une émeu-te populaire, occasionnée par u,nefamine , quelques séditieux s’étantprésentés à lui ; au lieu de vengerì’autorité outragée, il rabaissa lamajesté du sceptre, jusqu’à leur ren-dre compte des mesures qu’il pré-voir pour soulager la misère publi-que. 11 ajouta en mâme-tems unsecours effectif, en faisant-acheterà ses dépens des bleds , des vins ,des huiles, qu’il distribua gratuite-ment aux pauvres citoyens, dont ilseregardoit comme ['économe. Aulieu de déplacer les gouverneursde provinces, Sc de surcharger lepeuple en le faisant souvent chan-ger de chefs, qui s’engraiffoiem àses dépens ; 41 laiffoit chacun à faplace , & tâchoit de lui communi-quer ses lumières, son intégrité Kcsa modération... II ne voulut poinrque le sénat recherchât des malheu-reux quiavoient conspiré contre luiàsonavénement au tròne./c neveuxvoir,t , dìt-il , commencer mon règnepar des aS.es de rigueur. Ce neferoit cer-tes point une chose agréable , ni hono-rable, que vos informations prouvas-sent que je fuis haï d’un grand nombrei'e mes concitoyens. Les délateurs fu-rent bannis sous son règne ; Sc qu'a-voit-il besoin de ces hommes vils ,nu milieu d'un peuple qui l’ado-roit ?... Dans les accusations d’a-dultére , intentées par les maris ,ilvouloit qu'o n examinât leur con-duite ainsi qu; celle de la femme ,

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& s’ils étoient tous deux coupa-bles, ils dévoient être tous deuxpunis: Car, disoit-il, il est tout-à-fait injuste, qu un époux exige de Jonépouse C observation des devoirs qu ilne remplit pat lui-meme... Lorfqu’onlui vantoít les conquêtes tle cesillustras meurtriers qui ont désoléla terre , il diftm comme Slipionl'Africain :Je préfère la vie 'd’un ci-toyen à la mort de mille ennemis. LePaganisme n’abusa point de sa re-ligion pour faire - persécuter lesChrétiens ; touché de leurs plain-tes , il publia cette) Lettre si con-nue , dans laquelle il ordonne non-seulement de les absoudre , maisracmt! de punir leurs accusateurs,Lorsqu’il sut attaqué de la mala-die dont il mourut, le sept Mars161, âgé de 73 ans, il eut des mo-mens de délire, & l’on remarquaqu'il se mettoit alors en colère -,mais ce n'étoit que contre les prin-ces qui voulaient déclarer la guerreá son peuple. Quelqu’un lui ayantalors demandé le mot de rallie-ment , il répondit : JEquanìmitas ,

( l’égdlité d’ame). 11 se retournaauffitòt,8c mourut aussi paisiblementque s’il s'étoit endormi. S’il y a eudes souverains qui aient méritél’apothcole , ç’a été fans doute An-tonia. Sa mort fut un deuil pour legenre-humain, qui perdait le pre-mier des hommes 8c le modèle desrois : c’étoit Socrate sor le trône.On ne peur se refuser d’ajouter untrait qui caractérise bien sa modé-ration. Antonia étant proconsuld’Asie , fut logé , en arrivant àSmyrne, dans la maison d'un cer-tain Polémon, sophiste , alors ail-lent. Lorsque ce pédant fut de re-tour , i) fit tant de fracas, qu’il obli-gea le proconsul de sortir de sonlogis au milieu de la nuit. Antoniaétant devenu empereur, le sophistevint á Rome , 8c alla lui faire sacour, Antonia lui dit d’un air riant ;