Band 
Tome Ier.
Seite
256
JPEG-Download
 

A P E

Grand , sous lequel il vivoit , nevoulut être peint que de fa main :

' il joignit aux récompenses dont ille combla , des tnarques d’amitiéencore plus flatteuses. Ses talenssupérieurs , soutenus par fa poli-tesse Lc ses manières douces & in-sinuantes, le rendirent fort agréa-ble au conquérant Macédonien ,qui ne dedaignoit pas d'aller sou-vent chez lui pour jouir des char-mes de sa conversation., & pour levoir travailler. Après la mort dece prince , Apelles , retiré dans lesétats de Ptolomie roi d’Egypce,sotcccusé d’avoir conspiré contre cemonarque. 11 alloit •être condamnémort, malgré spn innocence , sil'un des complices ne íe tût avouécoupable, & n'eût décharge jí/’í/éesdc toute accusation,.Ce grand-hom-re , ne trouvant que des chagrinst n Egypte, se retira á F.phcse. C’est-Jà qu’il peignit son fameux tableaude la Calomnie , la plus belle imagede la force des pallions, & le chef-d'œuvre de l’antiquité. Pline leNaturaliste , qui a parlé en détaildes ouvrages à'Apelles, admirait en-t >re le portrait ú'Antigonc , fait deprofil, pour cacher un côté du vi-sage de ce prince, quiavoit perdut:r. ccil ; celui de Vénus sortant dela mer ; ceux $ Alexandre , de la7 ’iáioire , dc la Fortune ; & celui d'unCheval si bien imiré, que des cava-les hennirent en le voyant. Les an-ciens plaçoient 4pelles à la tcie detous leurs peintres, soit pour lescoups de génie, soit pour les gra-ves de son pinceau. Sa rouelle croieli délicate , qu’à la simple vue dequelques traits tracés fur une toile,pratogenes , ( Voyez ce mot.) pein-tre célèbre de l’ille de Rhodes ,connut q u'Apelles seul pouvoir enctre sauteur. Ce grand artiste n’a-voir pas négligé fur talons : le pro-•v orbe , Nui. l A pi r. s sinl lin la ,^Aucunjourjjits t'U.lnuc trait , ) fut

A P È

fait à son occasion. On dit qu'il eí-posoit ses ouvrages en public, pourmieux en connoître les défauts. Unjour un cordonnier ayant critiquéles souliers de quelqu'une de tesfigures, Apellts corrigea ce défautsur-le-champ ; mais l’ouvricr ayantvoulu pouster ia censure jusqu’á Ujambe, le peintre sarrèta par cetterépartie, Ne Sutor. ul íia cre-pivam , qui est devenue un pro-verbe , dont on rcconnoic tous lesjours la juitesie. Un peintre se glo-rihoit devant lui de peindre sortvite : On 4en apperçoit bien , lui ré-pondit Apelles. Unautte artiste luirr.ontroit Vénus revêtue d'habille-niens superbes, îc lui démandoit,d'un air content , cc qu’il en p en-fuit ? /c crois, lui dit Apeîles , quen’ayant pu faire ta Vénus belle , tutas faite riche... Mégabyfe , un dessatrapes les plus considérables dePerse , eut un jour la curiosité d'al-ler voir travailler Apelles ; mais s’é-tant avisé fort mal-à-propos devouloir raisonner sur h peinturedevant ce grar.d-maítre de fart,Apelles , pour l’huntilier & le con-fondre , se contenta de lui dire :Tandis que tu as gardé lejìltnce , je tecroyois bonnement supérieur aux autreshommes ; mais depuis que tu as parlé ,je U mets atudejfuus des enfans quibroient mes couleurs. Cet artiste mec-toit toujours aubasde ses tableaux,quelque achevés qu’ils fussent , /.>-ciebat, pour marquer par cc motqu'il ne les croyoit pas assez par-faits. 11 ne mit le mot fecit , qu’.ttrois de ses ouvrages. Le premierfut le portrait d’Alexandre U Grand,tenant cn main la foudre dî Jupiter:ce portrait étoit si ressemblant, quel’on disoit selon Pîmarque , *i que>, /Alexandre de Philippe étoit in-tj vincible , & celui d V, pelles inìmi*» table, -> Le second tableau por-tant cette inscription, représcntoìtVérin: enderfeie ; dam.U treilien-.e.