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Tome Ier.
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192. A R I

cté ami du peuple Romain. En ef-fet il avoir été chassé quatre foisde l'on royaume , Sc rétabli autantde fois par les Romains. Ce princecéda fa couronne á son fils en pré-sence de Pompée , Tan 66 av. J. C.

ARIOCH, Voye\ Frioch.

ARION, musicien St poète Grec,naquit dans 1 ’isie de Lesbos. On ditqu’il fut rinventeur du dithyrambe,8c qu’il excelloit dans la poésie ly-rique. Rériandre , roi de Corinthe ,l’eut long-tems parmi ses courtisans.II fit, fous les auspices de ce prince,un voyage en Italie , où il gagnabeaucoup d’argent par ses talens.Comme il retournoit à Lesbos , sescompagnons de voyage résolurentde le tuer pour s'emparer de sesrichesses. Arien ayant découvertleur complot, demanda pour toutegrâce avant que de mourir , de tou-cher encore une fois de la lyre. Cequi lui ayant été accordé, il prit soninstrument St fe retira sur la poupedu vaisseau , où après avoir fait-re-tentir l'air de ses sons touchans , ilse précipita dans la mer. Un dauphinattiré par ces doux accens, la pritfur son dos & le porta à Ténaredans la Laconie , d’où il fe rendit àCorinthe. Périandre , chez lequel ilfe réfugia , fit-mourir les matelots,& éleva un tombeau au dauphin quiavoir sauvé Arion , vers l’an 616avant J. C.

ARIOSTE, ( Louis 1’) naquit àReggio , d’une famille alliée auxducs de Ferrare, en 1474. II montrade bonne heure ses talens pour lapocsie. II plut au cardinal Hippo/yted’Est, St lui fut attaché jusqu'à famort. Son frere Alfonse 7, duc deFerrare, l’appella á fa cour St lefit-entrer dans tous ses divertisse-mens. Sa conversation étoit un plai-sir délicieux pour ce prince. L’-s-rioste possédoit parfaitement lalangue latine ; mais il préféra d’é-crire en italien. Le cardinal Bembo

ni

voulut le dissuader de fe servir dflcet idiome; il lui représenta qui!acquerroit plus de gloire en écri-vant en latin, langue plus sonore& plus étendue : J’aime mieux , ( luirépondit 1 ’Arioste ,) être le premierdes Ecrivains Italiens , que te seconddes Latirs,,, Ce poète avoir bâtiune maison á Ferrare , St y avoitjoint un jardin, qui étoit ordinai-rement le lieu où il méditoit Se oùil compofoit. Cette maison respiroitla simplicité d'un philosophe. Onlui demanda pourquoi il ne l’avoitpas rendue plus magnifique, lui quiavoit si noblement décrit, dans sonBoland, tant de palais somptueux ,tant de beaux portiques St d'agréa-bles fontaines ? il répondit : Qu on 'ajfcmbloit bien plutôt & plus aisémentdes mots que des pierres ... Son oreilleétoit déchirée , lorfqu’on lisoit sesouvrages de mauvaise grâce. Unjour ayant entendu un potier-de-terre , qui estropioit en chantantune stance de Roland ,il entra dansfa boutique St cassa plusieurs potsexposés en vente ; l’ouvrier s’é-tant mis en colère, 1 ’Arioste lui ré-pondit : Je ne me fuis pas encore affc{vengé-fie n'ai brisé qu une demi-dou-\aine de tes pots , qui ne valent pasvingt fols , & tu mas gâté une statuequi vaut une somme confidérab/e.Quoi-que très-sensible aux plaisirs de l’a-mour , ill’étoit encore plus aux fen-timens de la nature : il aimoit ten-drement fa mere, St la traita avecle plus grand respect dans fa vieil-lesse. Son caractère étoit bienfai-sant. Sa vertu 8c fa probité étoientsi connues, qu'un vieux prêtre quipossédoit trois ou quatre riches bé-néfices , 8c qui craignoit d’être em-poisonpé par quelqu'un de ceux quidévoient lui succéder , choisit VA-rioste, préférablement à tous fes pa*rens 8t à tous fes amis , pour de-meurer avec lui. II avoit été char-gé, pendant quelque tems, du gou;