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compte ; mais nullement méfiant,il s'en rapportoit à leur probité.Quand Targent de l'Eglise man-quoit , il déclaroir en pere tendreà son peuple le besoin des pauvres,qu’il regardott comme ses enfans ;& quelquefois pour y subvenir ,ou racheter les captifs, il faisoitbriser St fondre les vases sacrés.Il reprenoit les fautes de ses ec-clésiastiques , ou les toléroit, se-lon cjue sa prudence le lui suggé-rois. 11 ne voulut jamais acheterde terre ou de maison à la ville,ni à la campagne ; mais si on endonnoit à TEglsse, à titre de do-nation ou de legs , il les recevoir.II a plusieurs fois refusé des suc-cessions importantes, non qu'ellesne pussent être avantageuses auxpauvres , mais parce qu’il lui sem-bloit plus raisonnable de les lais-ser aux héritiers du mort. Pojjidins ,évêque de Calame , son ami inti-me , écrivit fa Vie. Dans la pépi-nière des grands-hommes que nour-rissoit alors régisse d’Afrique , iln’y en eut point qui eût un nomsi célèbre qu.’ Augustin. Son histo-rien compte 1030 de ses ouvrages ,en y comprenant ses Sermons Sc{es Lettres. On remarque dans tousun génie vaste, un esprit pénétrant,line mémoire heureuse , une for-ce de raisonnement admirable , unstyle énergique,maigre les mots im-propres Sc barbares dont il se sertquelquefois. Les pointes & lesjeux-de-mots dont il est semé , sur-toutdans ses Humilies , on fait sentircombien il étoit au-dessous de SrChrystflóme p r 1 éloquence. II tournesouvent autour de la même pen-sée. II est admirable dans quelquesmorceaux particuliers ; mais il fa-tigue par ses antithèses , quand onle lit de fuite. Cette affectationdoit être attribuée , moins à songénie , un des plus beaux que lanature & la grâce aient formés, qu’a
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son siécle & à son pays, qui avoitperdu le goût de la véritable élo-quence. Ce qui sert encore à l’excu-fer, c’esi qu il est touchant , lorsmétne qu’il fait des pointes 8c desantithèses. On a donné plusieurséditions particulières 3c généralesde ses ouvrages ; mais la feule qutmérité surtension des gens-de-let-tres, est celle des sçavans Béné-dictins de la congrégation de S.Maur , en 11 vol. in-sol. qui se re-lient en 8 , Sc qui parurent suc-cessivement depuis 1Ó79 jtssqu’en1700. Cette édition fut entreprisepar le conseil du docteur AntoineArnauld , un des plus zélés défen-seurs de St Augustin. Elle fut con-fiée à Dom Blampin , homme d'unesprit juste & d’un travail infa-tigable. D. Mabillon son confrère,mit du soir au matin , VEpitre dé-dieatoire en Tétât où nous savons :Ce n’est pas un des moindres mor -ceaux de cette édition. Le I" vo-lume renferme les ouvrages qu’Au*gustin composa avant que d’êtreprêtre , avec ses Ríiraclations Sc sesCunfcjfions , qui sont comme la pré-face de cet immense recueil. LesRétractations sont une espèce decritique des distèrens écrits qu’ilavoir mis au jour. II en rapportele titre Sc les premières paroles.11 en fait le catalogue selon Tor-dre des tems , Sc marque à quelleoccasion Sc pourquoi il les a cópo-íés. 11 éclaircit les endroits obscurs;il adoucit ceux qui lui paroissenttrop durs ; il donne un sens favo-rable aux passages qui pourroientfournir à Terreur , à Tenvie, à laméchanceté, de mauvaises interpré-tations, Enfin il reconnoìtde bon-ne foi ses fautes Sc ses méprises, Scrétablit la vérité dans les passa-ges où il croit s’en être écarté. Sapréface est fort modeste. 11 dit qu’ilveut être lui-même son proprecenseur, qu’il est résolu dêseju-