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Souvent, sans y penser, ton augusteprésence
Troublant ,par trop d’édat, sa timideéloquence ;
Le nouveau Cicéron, tremblant, déco-loré ,
Cherche cnvain son discours fur falangue égaré.
Envain, pour gagner tems dans sestranses affreuies,
Traîne d’un dernier mot les syllabeshonteuses ;
II hélice, il bégaie ; 8c le triste orateurDemeure enfin muet aux yeux duspectateur.
Cet accident rengagea à se renfer-mer dans son cabinet, hardi la plu-me à la main, il avoir horsde-làune timidité, entretenue par fa mau-vaise fortune encore plus que parson caractère. N’ayant pas de quoipayer Ion hôte, il convint aveclui d’épouser fa fille ; mais ce ma-riage ne le mit pas à son aise. Col-bert l’ayant chargé de l’educationd’un deses fils , BarbieraUongca sonnom de celui d’Aucour. Mais ceministre étant mort fans avoir rienfait pour fa fortune , il fut obligéde rentrer dans le barreau. II se fitun honneur infini , en défendantavec autant d’éloqtience que de gc-nérofité, le nommé le Brun, domesti-que d’unc dame de Paris,accusé faus-sement d’a voir assassiné sa maîtresse.Ce fut sa dernière cause. 11 mourutle 13 Septembre 1694,333 ans, d’ti-ne inflammation de poitrine. LeSdéputés de l’académie qui allèrentle voir dans fa dernière maladie, fu-rent touchés de le voir mal-logé :Ma consolation, leur dît-il, &matrès-grande consolation, c'est que je ne lais-se point (Théritiers de ma misère . M.í’abbé de Ckoìfi, l’on d’entr’eux , luiayant dit: Vouslaifle\un nom qui nemourra point .— Ah 1 c’est de quoi jene me flatte point, répondit d ' Áucour :Quand mes ouvrages auroient par eux-mêmes une forte de prix , j'ai péchédans le choix de mes sujets . Je n’qifait que des critiques, ouvrage peu du-rable, Car fl le livre qu’on a critiqué
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rient à tomler dans le mépris , la criétique y tombe en mime tems , par cequ'elie passe pour inutile ; & fi malgréla critique le livre se soutient, alorsla critique est pareillement oubliée ,par ce qu’clle passe pour injuste. ...
II n’étoit point,ami des Jésuites,& la plupart de ses ouvrages sonccontre cette société , ou contre lesécrivains de la société. Celui quilui a fait le plus d’honneur , estintitulé : Sentiment de Cleanthe surles Entretiens d'Arifte & d'Eugène parle P. Bouhours , Jésuite , in-11. Celivre a été souvent cité, & avecraison , comme un modèle de lacritique la plus juste &la plus in-génieuse. n’Aucour y sème les bons-mots & 1 érudition, sans poussertrop loin la raillerie & les cita-tions. Le Jésuite Bouhours, qui écrí-voit d’un style précieux des cho-ses frivoles , ne put se relever ducoup que lui porta son adversaire.L’uhbé Granet a donné en I 730une édition de cet ouvrage, à la-quelle il a joints deux Eaclumq ,qui prouvent que Barbier attroitété aussi bon avocat que bon cri-tique. Les autres écrits de d'Au-cour ne font qu’un recueil de turlu-pinadestles Gaudinettes , ì’Onguentpour la brûlure , contre les Jésuites-,Apollon vendeur de Mithridatc, con-tre Racine, deux Satyres en mauvaisvers. On ne comprend point com-ment il a pu railler fi finement Bou-hours, & ft grossièrement les aiures.On dit que fa haine contre lesJélui-tes venoit de ce que se trouvantun jour dans leur église , un de cesPeres lui dît de s’y tenir avec dé-cence , parce que lotus crat sacer.T)’Aucour répondit tout-de-suite :Si tocus est Jacrus , quare exponitis. ... .( On y avoit exposé ce jour-là des tableaux énigmatiques , pourêtre expliqués par les assista us.) Cet-te épithète de Sacrus courut à 1 ins-tant de bouche en bouche. Les ré»