483 BAS
cieux, entreprenant, rusé, habileà profiter de tous les avantages quela fortune & fa propre industrielui prèsentoienr. 11 avoit caché leslalens £c les desseins , jufqu’au mo-ment où les malheurs de f état sus-sent devenus favorables a son am-bition : alors il leva le masque , &les grands, le peuple, les officiers &les soldats s'offrirent de le secon-der, Romain voyant sa cour d inst-ituer , & celle de* Basile grossir dejour en jour, ne se crut plus enfureté ; il ne voulut pas cependantfaire - arrêter tous ceux qui luicroient suspects : il fe contenta defaire-écarterleur chef, Sc de lui fai-re- couper une main pour intimi-der ses compl.ces. Basile , guéri defa blessure , se fit-mettre une mainde cuivre , dont il apprit à manierles armes aulsi adroitement que del’autre. 11 eut encore recours à sesanciens artifices ; il réunit ses par-tisans , & s’empara d’un fort, d’oùìl fit des courses aux environs.Son opiniâtreté & la multitude deses partisans donnèrent de grandesinquiétudes à Romain. II fallut en-voyer des troupes réglées pour dé-truire les rebelles, ou du moins lesdissiper. On les attaqua comme desennemis del’empire, & l’on amenaBasile chargé de chaînes à Constan-tinople , où il fut brûlé vif.
IV. BASILE, (St. ) surnomméle Grand , naquit vers la fin de 329à Cefarée en Cappadoce, de parensChrétiens & connus par leur piété.
II alla continuer ses études à Cons-tantinople , où il profita des le-çons des plus célèbres philofosplies, & à Athènes , où il cultival’amitié de 5 r. Grégoire de Nazianze.
II ne trouva presque rien danscette dernière ville, qui répondità son ancienne réputation ; on n’yctoit occupé que de bagatelles. IItevint bientòt'a Célarée, & plaidaquelques causes avec succès. Dc-
B AS
goûté du barreau & du monde , ifalla s’ensévelir dans un désert de laprovince de Boni, où fa sœur Ma-crine Sc fa mere Emilie s’étoient dejàretirées. Cette sainte société met-toit sa gloire à être inconnue,.sesplaisirs a souffrir, 8c ses riches-ses 2 mépriser tous les biens. Sc.Grégoire de Nazianze , 8c plusieursautres, vinrent se formera la ver-tu dans cette solitude. Basile leurécrivit en divers tems plusieursavis que la plupart des moines ontpris pour leur règle, 8c où les fon-dateurs des monastères occidentauxont puise bien des points de leursconstitutions. Après la mort de ré-voque de Célarée, en 369, Ba-sile fut choisi 8c élu contre fa vo-lonté pour lui succède:. L’empe-reur Valens , partisan fanatique desAriens, voulut l’engager dans cettesecte. II lui envoya Modeste , préfetd’Orient, pour le gagner par despromesses ou par des menaces ;mais rien ne put l’ébranler. Le pré-fet, surpris 8c irrité , lui dit: Qu’ildevoir craindre qu’on ne lui ravitses biens , fa liberté , fa vie même.Ces menaces ne m'effraient pas , lui ré-pondit Basile : Quiconque té a rien , necraint point la confiscation. Tous lesendroits m'étant i'ndiffircns , commentC exil fiera-t-il une punition pour moi ?Si vous m 1 enferme^ dans une prison ,s y aurai plus de plaisir ijuelcs courtisansauprès de Valens. A l'cgard de lamon , c'ie fera pour moi un bienfaiten me réunifiant à l'Étre Suprême....Modeste , encore plus étonné, s'ré-cria que personne rfavoir jamaisosé lui parler si hardiment.— Pcut-ètre aufiì , lui répliqua Basile, n’a-ve\-vous jamais rencontré d'Evêque.Cette magnanimité désarma pourquelque teins Valens. Les Ariensvoulurent le faire-exiler. Ce princefossile y consentit, 8c sc rétracta.Le saint évêque travailla ensuite àappaifer les différends qui divisoienles Eglises d’Orienc &, d'Ocçident