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Tome II.
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il n f a point d’esprit , it ne dira du,» mal de personne. >, L’humeur taci-turne du petit Nicolas fit - porterce jugement. On ne tarda pas dele trouver mal fondé. II n'étoit en-core qu’en quatrième, lorsque sontalent pour la poésie se développa.Une lecture assidue , que le temsdes repas interrompoit á peine ,annonçoit qu’il étoit né pour quel-que choie de plus que son peren 'avoir pensé. Dès qu’il eut fini soncours de philosophie, il se fit-re-cevoir avocat. La sécheresse duCode 8c du Digeste, le dégoûtabientôt de cette carrière : .. Et cei» sut , ( dit M. d’ Alembert , ) une» perte pour !e barreau., Plein des» lumières du bon goût , il eût été» législateur fur ce grand théâtre ,,, comme il l'a été fur le Parnasse.-, 11 eût introduit la véritable élo-» quence dans un pays où , de nos» jours, elle n’est que trop souventr> ignorée, & où elle Tétait bien plus„ il y a cent ans. 11 eût fait main-basse» fur cette rhétorique triviale , qui-- consiste à noyer un tas de sophis-» mes dans une mer de paroles oi-

seuses & de figures ridicules. „Despréaux ne dissimuloit pas, dansl’occasion, ce quM pensoit des dé-clamations dont le palais est si sujetà retentir. Défendant un jour lacause du bon goût dèifîmt un gravemagistrat, qui se croyait un aussigrand juge en littérature qu’en af-faires, notre poète louoit Virgilede ne rien dire jamais de trcp. — Jene me ferais pas douté, dit finementle magistrat, que ce fût-là un fi grandmérite. — Si grand, répondit Des-préaux , que c'eft celui qui manque àtoutes vos harangues. L’anecdote sui-vante peut faire-juger de son goûtpour le métier de jurisconsulte ,auquel ses parens vouloient le con-traindre. Dongeois , son beau-frere,greffier du parlement, l’avoit prischez lui pour le former au style dela procédure, dont la barbarie ab-

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surde devoir paroître bien rebu-tante à un jeune-homme qui avoirlu Cicéron & Dcmosthene . Un jourque le greffier avoit un Arrêt àdresser dans une affaire importante,il le compostait avec enthousiasmeen le dictant à Despréaux . Quandil eut fini, il dit à son scribe de luien faire la lecture ; 8c comme lescribe ne répondent pas , Dongeoiss’apperçut qu’il s’étoit endormi, 8cavoit à peine écrit quelques motsde ce chef-d’œuvre. Outré d’indi-gnation , il renvoya Despréaux àson pere, en plaignant ce pered’a-voir un fils imbécille, 8c en ras-surant que ce jeune-homme , sansémulation , fans ressort 8c presquefans instinct, ne ferait qu un sot toutle reste de fa vie. Du droit il paffaà la théologie scholnstique , pourlaquelle il prit aussi-peu de goût.Rebuté par la chicane du barreau8c par celle des écoles , il se livratout entier à son inclination 8c àson génie. Ses premières Satïrísparurent en 1666. Elles furent re-cherchées avec empressement parles gens de goût 8c par les malins,8c déchirées avec fureur par lesauteurs que le jeune poète avoitcritiqués. Boileau répondit á tousleurs reproches dans fa IX e Satyreà son esprit. C’est son chef-d’œu-vre, Tout le sel des Provinciales 8cdes bonnes Comédies de Molière ,y est répandu. L'auteur cache lasatyre sous le masque del’ironie,8c enfonce le poignard en feignantde badiner. Cette piéce a été miseau-dessus de toutes celles qui l’a-voient précédée : la plaisanterie yest plus fine, plus légére 8c plussoutenue. Quoiqu’il y ait de très-belles tirades dans les premières ,8c qu’on admire , en plusieurs en-droits , Texactitude , l’élégance, lajustesse 8c Tenergie des dernières ,elles offrent des morceaux foibles-En attaquant les défauts des écn-