Band 
Tome II.
Seite
197
JPEG-Download
 

B O S

les qualités du cœur, que par celle*de l'esprit. . .

BOSSUET . ( Jacques-Bénigne )vit le jour à Dijon le 27 Septem-bre lóio, d’une famille de rode,noble & ancienne. U laissa voir desson enfance tout ce qui devoir lutattirer dans la fuite 1 admiration publique. Annoncé connue un prodigeaux beaux - esprits de 1 nótel eRambouillet, il y sst , devant uneassemblée nombreuse & choisie , uas ermon sur un sujet qu'ou lui don-Oti> 1’ parla comme s’il se fut pré-paré. Le. prédicateur n'avoit queferre ans, & il étoit onze heuresdu soit ; ce qui fit-dire a Voiture,ss fécond en jeux-de-mots , qu «

«’avoir jamais entendu -prêcher p-tôt

"j yi-rard. Ses parens le dessinèrent

d*abord , dlr-on , au barreau St au

"} at '»ge. Ceux qui tirent vanivéde•çavoir les s ecr£îs de familles, assu-rent qu’il v eu{ un contrat entrelut & MU* OesvUux, fille d’esprit &, m = ru e. 8c son amie dans tous les,en >s; mais ce contrat n’a jamaisM'fte. SoJs llu , âpres ses preime-res etudes, vint à Paris en IÓ 4 1 , 8 ereçut lç bonnet de doéteur de Sor-bonneen 1651. De retour à Metz,ou il étoit chanoine , il s'attacha àformer ion esprit & son coeur. HS aPPlissua à Vinftruélion des Pro-teftans ,& en ramena piuiieurs a lareligion Catholique. Ses succès eu-rent de 1 éclat. On Vappeq-a à Pa-ris pour remplir les chaires les plusbrillantes. La reine -navre, Anned'Autriche , son admiratrice, lui sit-donner à l’àge detrente-quatre ans,l'A vent dé la cour en 1661 t gc 1,Carême en 1662. Te Roi fut si en-chanté du jeune prédicateur , qu’ilfit. écrire en son nom á son pere,intendant de Soiffpns , pour le fé-liciter d’avoir tin fils qui í'immor-taliseroít. Bofinet , ( difoìt Madamede Seviftné t ) se bat d outrance avecsvn auditoire j tousses j'amans font

B O S 197

des combats à mort. Son Carêmede 1666 , son Avent de t668 prê-ché pour confirmer le maréchalde Turconc , nouvellement réuni arëglil'e Catholique, lui valurent l’q-vècbé de Condom. Le Roi lui con-fia bientôt ('éducation de MonseigntVDauphin-, il prêta le serment accou-tumé le 23 Septembre 1670. U11an après il se démit de l’évcchéde Condom, ne croyant point pou-voir garder, une épouse avec la-quelle il ne vjvoit pas. Ce fut versce rems qu’il prononça l’Oraisonfunèbre de Madame , morte si su-bitement, au milieu d’une cour bril-lante , dont elle étoit la gloire &les délices. Personne nc possédamieux que lui le talent de faire-pafler avec rapidité dans l’amedeses auditeurs, le sentiment profonddont il ctoit pénétré. A ces paro-les : «O nuit désastreuse , nuit ef-» froyable ! où retentit tout - à-» coup comme un éclat de ton-» narre, cette étonnante nouvelle :» M A D A M £ se meurt ! M A D A M B>» tft morte ! » toute la cour sondicen larmes. Le pathétique & le su-blime éclatent également dans cediscours. On trouve un sensibilitéplus douce , mais moins sublimedans les dernières paroles de l’O-ratson funèbre dl’ grand C',' r.dé. Cefur par ce beau discours* que Bos-suet termina fa carrière, oratoire,v 11 finit par son chef-d'œuvre,cont-rite auroient dù faire , dit M. A'A-lembert , beaucoup de gtands-hom-mes, moins sages ou moins heu-reux que lui. n Prince , ( dic-il ens’adi estant aù héros que la Francevenoir de perdre ,) vous mcttrc\fina tous ces discours. Au lieu de dé -- ploier la mort des autres , je veuxdef.-nnais apprendre de vous à rendrelaotienne sainte ; heureux, Ji averti ,par ces cheveux blancs , da compte queje dois rendre de mon administration ,/c réserve au troupeau que je dois noure-