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Tome II.
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feules, 5 : mis plus de bienséances^ans le inonde , que tous les mo-ralistes anciens & modernes. La touCst e de la Bruyère est austî forteSue celle de Molière , & cn mêmerems plus délicate & plus fine. pein-tre hardi & énergique , ’i! montra ,Par le style nerveux , les expres-sions vives , les traits de feu &rie génie, les tours fins & singu-liers de ies portraits , que la lan-gue Françoise avoit plus de forceSu on n’avoit cru jufqu’alors. Ma-k\icux , à qui il montra son ma-nulcrit , lui dit : Voilà de quoi vousmurer beaucoup de lecteurs 6* beau-Co "P d'ennemis. Ces lecteurs ontUri peu diminué , quoique le livres oít excellent. Tant qu'on crut yv °ir le portrait de gens vivans ,Un le dévora , pour fe nourrir du* r iste plaisir que donne la satyrePersonnelle : mais à mesure que lesOriginaux disparurent, on recber-c ha. moins la copie. On fit dans ledernier siécle des Clefs mx'Carac-trrrr de la Bruyère , à la cour, aParis & en province. Ces peinturesParurent si vraies, quoique char-gées quelquefois, qu’on y recon-uut le s hommes de tous les pays.Ce n’étoit pas fans raison que"°“’eau lui reprochoit d'avoir se-*°ué le joug des transitions , &d avoir pris dans Montagne 8c dansrôti, Ces maîtres & ses mode-J * 5 , un style dur Lc quelquefois°. c ur. Cependant ce fatyrique ef-^uioìt beaucoup son ouvrage, & U

vers suivans pour le por-

ttair de fauteur :

Tout esprit orgueilleux qui s aime,Par ses leçons fe voit gnéti îPt dans son livre si chéri,

Apprend à se hait luí-même,Quoique nous ayons compare ln"tuyère à Molière pour la véritédes portraits ; nous sentons cepen-■ant qu'st y » t(às-l*m des talcns

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d\in poète comique à ceux d’uupeintre de caractères , quelque su-périeur que ce dernier soit enson genre. Accarias de Scriont , tra-ducteur des Sentences dc PubliusSyrus , observe que la Bruyère arépandu dans ses Caractères pres-que soutes les Sentences de cepoète Latin , & il en rapporte plu-sieurs exemples, tels que ceux-ci :Fortuna ufu âat multa , mancipio ni «hìl : Levis efi Fortuna , citò renofeitquod dedit. «« La Fortune ne donne», rien , elle ne fait que prêter pour„ un tems; demain elle redemande à„ ses favoris, ce qu’elle semble leur>» donner pou): toujours.»»-- Mortcnttimerc crudclius est quàm mori. « La»» mortn’arrive qu’une fois, &fe fait-»» sentir à tous les momens de la vie#

>» 11 est plus dur de ^appréhender que» de la souffrir. >» — Est vita mistrolonga , f&lici brevis. « Lavie est courte» pour ceux qui font dansles joies du,» monde ; elle ne paroît longue qu’à» ceux qui IanguistetclansTaffliction.,»On a encore de lui des Dialoguesfur Je Çhiiètifmc , qu'il n’avoit faicqu’ébaucher , & auxquels PabbcDupin mit la derniere msin : ils fu-rent publiées en 1699 a Paris, m-12. Les meilleures éditions des Ci-raclères, font celles d’Amsterd. 1741,en 2 vol. in-12, & de Paris 1750 ,

2 vol# in-12, & 1765 . in-4 0 . Laville & les provinces surent inon-dées de Portraits, faits à limita-tion de ceux de la Bruyère • Ceuxqui sc soutinrent pendant quelquetems , parurent à Paris fous ce ti-tre : Suite des Caractères de Théo*phraste , & de c Mœurs de ce stlclt , Pa-ris,i700, in-12. On les joignit àceux de Li Bruyère , en Hollande& en province. Cette continuationétoit d’un avocat de Rouen, nom-mé Aleaume , auteur médiocre, quiétoit fait pour continuer la Bruyère ,comme U Grange pour remplacerRacine,

U. BRUYÈRE. Voy. Barbeau& Bruére»