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Tome II.
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treprenant une satyre fine de la na-tion & du ministre , entêtés alorsde chevalerie. Cet ouvrage, tra-duit dans toutes les langues despeuples qui ont des livres , est lepremier de tous les romans comi-ques , par le génie , le goût, lanaïveté, la bonne plaisanterie ; parla pureté , le naturel du style ; parla vérité des portraits ; par l’art denarrer, par celui de bien entremêlerles aventures, de ne rien prodiguer,& sur-tout par le talent d’instruireen amusant. On voit à chaque pagedes tableaux comiques & des ré-flexions judicieuses. Un jour quePhilippe III éroit fur un balcon dupalais de Madrid, il apperçut unétudiant qui, en lisant, quittoit derems en rems sa lecture , & se frap-poit le front avec des marques ex-traordinaires de plaisir: Cet hommeest fou , dit le roi aux courtisans,vu bien il lit D. Quichotte . Le princeavoir raison ; c’étóit effectivementce livre que l’étudiant lisoit. « C’estun ouvrage, ( disoit St-Evremor.d , )que je puis lire toute ma vie , fansen être dégoûté un seul moment -,de tous les ouvrages que j'ai lus ,ce seroit celui que j’aimerois lemieux avoir fait. J’admire com-ment , dans la bouche du plusgrand fou de la terre , Cervantesa trouvé le moyen de paroîtrel’homme le plus entendu & le plusgrand connoiffeur qu’on puisseimaginer. » ( Voy. Rabelais , versle milieu. ) Le même écrivain don-nait pour tout conseil à un exilé ,celui « d'oublier sa maitreste, &» de lire Don Quichotte. » Ce chef-d'œuvre , qui devoir faire la for-tune de Cervantes , lui attira despersécutions. Le ministre le sit-mal-traitcr,& il fut obligé de discon-tinuer.Un Alon\o Fcrnandcs de Avel-laneda , écrivain pitoyable , s’étantavisé de le continuer , & de décrierl’auteur après l’avoir pillé, Cervan -

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tes se vît obligé de reprendre sonouvrage. Ce travail ne Pernpêchapas de mourir dans l'indigence. Heut cependant des protecteurs gé-néreux , puifqu'iís excitèrentlui la plus vive reconnoìssancc#On ne peut r en lire de plus touchant,<îue la lettre qu’il écrivit au comte deLtmos quelques jours «avant d’expî*rer. Je me meurs. Je fuis bien fâché" de ne pouvoir pas vous dire com-" bien votre arrivée en Fspagne m®

» cause de plaisir. La joie que j'en'> ai, auroít dû me rendre la vie.Msrs» la volonté de Dieu soit faite / Votre" Excellence sçaura du moins que n* 3" reconnoissance «i duré autant qus» mes jours... II faudroit, pour ms» guérir, un miracle du Tout - puise" tant , 8c je ne lui demande que d’a*>» voir foin de Votre Excellence.••>» A Madrid. t ce 19 Avril t 6 r 6. " Pavoir reçu l'extrême - onction , lossequ’il 'écrivit cette lettre , que nou 5avons abrégée. Ce fut le dernier sou-pir du cigne. II mourut le 23 du mê-me mois à l’âge de 69 ans.

M. de L. P. lui a fait cette épîtaphe :" Toujours plaisant, quoique mof^U" Ci gît dont Vaimable génie" Ne connut point d*original »

" Et n y a pas encor de copie. »Outre Don Quichotte , traduit enfrançois par FUlcau de St- Martin*en 4 vol. in-12 , on a de lui*. Ctt*vantes I. Douze Nouvelles , la H3» eI 739 i 2. vol. in $\ traduites «*»françois, 2 vol. in-12, la Hai fi1744, Paris 1775. géniefauteur de Don Quichotte s'y mon-tre de tems-en-tems ; mais elles nevalent pas ce roman, à beaucoupprès. Quatre feulement font dignesde lui : Le Curieux impertinent ; K taconnct & Cortadillc-y la force du *

la plus intéressante de toutes ; &Dialogue des deux Chiens , crúW 11 ®

charmate des moeurs espagnoles, n

respirent lagaîtc.le naturel & I 3 Plosophie. II. Huit Comédies y don t au-cune n’est supportable au l e ^ eUaccoutumé aux excellentes p ltìC f^du théâtre françois. Point d»n< c .