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Tome III.
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doic-il pas nous accoutumer à la mortcomme à la vie ? La premiere ba^taille rangée, qui se donna entreJes Huguenots & les Catholiques,fut celle de Dreux, en 1562. L’a-mira! combattit vaillamment, laperdit, Lc sauva Varmée. Le duc deGuise ayant été massacré par trahi-son , peu de temps après, au sièged’Orléans, on l’accusa d’avoirconnivé à ce lâche assassinat;maisil se justifia par serment. Les guer-res civiles cefferent pendant quel-que temps pour recommencer avecplus de fureur en 1 ï67. Coligni 3 cCoudé donnerent la bataille de St-Denys contre le connétable deA íontmorenci. Cette journée indé-cise fut suivie de celle de Jarnac,en 1569, fatale aux Calvinistes.C’.ndé ayant été tué d’une maniéréfuneste, Coligni eut fur les brastout le fardeau du parti.II soutintseul cette cause malheureuse, &fut vaincu encore à la journée deMoncontour, dans le Poitou , fansque son courage pût être ébranlé.Une paix avantageuse vint bientôtternúneren apparence ces sanglan-tes querelles,en 1571. Coligni parutàla cour,&fut accablé de caresses,comme tous ceux de son parti.Charles IX lui fit donner cent millefrancs de l’épargne , pour réparerses pertes , & lui rendit fa place auconseil. De tous côtés on l’exhor-toit à se défier de ces caresses per-fides. Un capitaine Calviniste, quise retitoit en province , vintprendre congé de lui. Coligni luidemanda la raison d'une retraitefi brusque ; C’ est , dit le militaire ,parcs q u'on nous fait ici trop de ca-resses. Vaime mieux me sauver avecles fous , que de périr avec ceux quiferoient trop sages. Un projet hor-rible éclata bientôt. Un vendredi,l’amiral venant du Louvre, on luitua un coup d’arquebuse , d’unefenêtre , dont il fut blessé dinge-

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reusement à la main droite Sc aubras gauche. Maurevert s’étoit char-gé d’assassmer Coligni , à la prièredu duc de Guise , qui avoit proposécet attentat à Charles IX : ce fut cemalheureux qui tira le coup, d’unemaison du cloître de Saint-Ger-main-l’Auxerrois où il étoit caché.Le roi de Navarre , le prince deCondé se plaignirent au roi de cetattentat. Charles IX , exercé à ladissimulation par sa mere , en té-moigna une douleur extrême, fitrechercher les auteurs , & donnaà Coligni le nom de pere. C’étoitdans le temps même qu’il étoit oc-cupé du massacre prochain desProtestants. Le carnage commen-ça, comme on fait, le 24 août,jour de Saint-Barthelemi, 1572.Le duc de Guise , bien escorté,marcha à la maison de l’amiral.Une troupe d’assassins, à la têtedesquels étoit un certain Befmc ,domestique de la maison de Guise ,entra l’cpée à la main, 8cle trouvaassis dans un fauteuil. Jeune-homme,dit-il à leur chef, d’un air calme 8ctranquille, tu devroïs respecter mescheveux blancs : mais fais cc que tuvoudras ; tu ne peux m'abréger la vieque de quelques jours. Ce malheu-reux , après l’avoir percé de plu-sieurs coups, le jeta par la fenêtredans la cour de fa maison , où leduc de G:rfc attendoit. Coligni tom-ba aux pieds de son lâche en-nemi, 8c dit, suivant quelques-uns , en expirant: « Au moins si je» mourois de la main d’un hon-» nête homme , & non pas de celle„ d’un goujat!» Bcfme lui ayantmarché fur le corps, dit à fa trou-pe : C est bien commencé ! allons con-tinuer notre besogne. Son cadavre futexposé pendant trois jours àla fu-reur du peuple, 8c enfin pendu parles pieds au gibet de Montfaucon.Montmorenci , son cousin , l’en fit

tirer,pour1’enterrer secrettement