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Tome III.
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vres d’éloquence, dont ses envieuxdìsoient qu'ellcs fentoient Vhuile ;mais que la postérité a mises au-dessus de tout ce que nous a laissél’ancienne Grece. Après avoir exer-cé son talent dans quelques causesparticulières , il se mit à traiter lesassa ires publiq ues. Les A thénienspar leur mollesse croient, pourainsi dire, devenus les complicesde ceux qui vouloient les asservir;il ranima leur patriotisme. II ton-na , il éclata contre Philippe, toi deMacédoine , & inspira à ses conci-toyens la haine dont il étoit péné-tré. ( Voye{ Phocion. ... I. Cté-siphon.., & Demcn. ) II se trouvamême l’an 328 avant J. C. à la ba-taille de Chéronée, où il prit lafuite. II voulut cependant pronon-cer l’éloge funebre des guerriersmorts dans cette célébré journée.

Mais Eschine son rival, ne manquapas de relever cette inconséquencedans le discours qu’il pron onça con-tre lui. “ Cot. ment, s’ccria-t-il,„ comment avec ces mêmes pieds„ qui ont si lâchement quitté leur„ poste dansle combat, as-tu osé„ monter sur la tribune, pour,, y louer ces mêmes guerriers que»i tu as conduits à la mort,, ? Carc’étoit par son conseil que la ba-taille avoir été livrée. Eschine re-présenta en même tempsaux Athé-niens que s’ils accordoient à De-nosthencs une couronne d’or , lesperes , les meres 6c les enfants detous ceux qui étoient morts par fafaute à Chéronée, poufferoient descris d’índignation de ce quêtant debraves guerriers étoient morts fansVengeance , & de ce que Démosth'e-nés , qu’on pouvoir regarder com-me leur assassin, recevoir un hon-neur public devant toute la Greceassemblée. Ces désagréments neralentirent paà le zele patriotiquede l’ennemi de Philippe. Après lamort de ce prince , Démosihenes fe

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déclara contre Alexandre son sils ,avec non moins de véhémence ;mais s’étant laissé corrompre parle présent d’une coupe d’or , il futobligé de sortir de la ville. Onavoir dit auparavant de lui, “ que,, tout l’or de Philippe ne le tentoic,, pas plus que celui de Perse n’a-„ voit tenté Aristide ,,. Sa vertu sedémentit en cette occasion. Aprèsla mort à'Alexandre le Grand , il re-vint à Athènes , & continua à ha-ranguer contre les Macédoniens.Mais il fut bientôt contraint d’ensortir , parce que sa vie n’étoitplus en sûreté , sur-tout depuisqu Antìpater s’étoit rendu maîtrede la Grece. II se retira à Calauriedans un asile inviolable consacréà Neptune. Mais à peine y fut-ilarrivé qu ’Antipater envoya un co-médien pour se saisir de lui. II vou-lut d’abord lui persuader de le sui-vre , & lui jura qu’il n’avoit rienà craindre : mais voyant que Dé-mosth'enes n’étoit pas disposé à lecroire, il le menaça de l’eníeverde force. Alors il fit semblant decéder à ses instances, & le priad’attendre qu’il eût écrit un mot àses domestiques ; en même tempstirant de son écritoire une plumecomme pour écrire , il avala lepoison dont elle étoit remplie , &qu’il réservoit pour cet usage , l’anavant J. C. 322. Les Athéniensaprès fa mort lui élevèrent une sta-tue de bronze dans la place pu-blique. On peut remarquer commeune chose singulière , que les deuxplus grands orateurs d’Athènes &de Rome ont fini leur vie par unemort funeste. Cet homme, qui eutle courage de se donner lui-même

la mort, la craignoit sur lechamp

de bataille. ( J r vy. Laìs.) Les Athé-niens lui érigèrent une statue debronze avec cette inscription : Dê~mofihencs , fi tu avais eu autant deforce que d éloquence , jamais Mars le