F À R
plaignit au roi de ce qu’il ncgîì-geoit ses serviteurs , & lui fit li-gner fur le champ un brevet, qu’ilremit à l’officier , en lui disant :Je vous ai entendu dire que vous fer-vie\ depuis trente ans. Vous ave^ eutort d'ajouter que e’ctoit fans re'com -pense : voilà celle que le roi vousdonne. Après la mort de PhilippeV, il jouit de la plus haute fa-veur auprès de Ferdinand VI &de la reine son épouse. Les mi-nistres de Vienne , de Londres &de Turin , témoins du crédit qu’ilavoit à la cour d’Espagne, le com-blèrent de présents, & se servi-rent de lui pendant la guerre de1741 , pour affoiblir les senti-ments favorables que Ferdinandavoit pour la France. Les courti-sans de ce prince l’étoient égale-ment de Farintlli , & lui prodi-guoient encore plus de balle fiesque fous Philippe V, au pointqu’il en plaisantoit quelquefoisïui-même. 11 répondoit cependantà leurs compliments & à leursrévérences par des tespeéls exté-rieurs , pour les avertir fans doutede ce qu’ils se dévoient à eux-jnêmes. II n’aimoit de son créditque le solide. L'encens ne I’eni-vroit point ; & le brillant de seschaînes ne lui en cachoit pointle poids. II regrettoit quelquefoisavec ses amis le temps où , me-nant une vie vagabonde & libre ,parcourant les différents royau-mes , ne subsistant que du fruitde ses talents , il vivoit familiè-rement avec ses camarades , &avoit des amis au lieu de courti-sans & de délateurs.Enfin Farinelli ,soupirant après fa liberté , se re-tira à Bologne , où il mourut enÏ782, après y avoir joui, danstine heureuse vieillesse, des hom-mages des citoyens & des étran-gers. Farinelli a joint à la connois-sance la plus profonde de la mu-
FAR
íique , le goût le plus exquis-, &avec un mérite si rare, il n’a connuni l'orgueil , ni l’envie. ( Voye\l’article de Ensenada & celui J-Giij.es , n°. vi ). Son cœur éto'tgénéreux. Un tailleur de Madridlui ayant fait un habit , ne vou-lut jamais d’autre payement qu*de lui entendre chanter un air.Farinelli . après l’avoir pressé inu-tilement d’accepter son argent ,s’enferma avec lui & l’cnchar.tapar fa voix brillante & sonore-Quand il eut fini, le tailleur,hors de lui-même , lui faisoit desremerciements & se préparcit à sor-tit. Non (lui dit Farinelli)', j' atPâme sensible & fiere , Sr ce n‘fimème que par-là que j 7 ai acquis qvVque avantage fur les autres chan-teurs. Je vous ai cédé ; il esi jusie q í; ‘vous me eédie ç à votre tour. En mé-mo temps, il tira fa bourse, L don-na au tailleur le double de ce qu*son habit pouvoir valoir... On ra-conte encore que Farinelli joua* 1 *le rôle d’un héros captif dans u* 1Opéra italien, imploroit, par un 3 J ftouchant,fa grâce & celle de fa m 31 'tresse , auprès d’un tyran farouch*& cruel qui les avoit faits ses pri-sonniers. L’acteur qui représentéle tyran fut tellement attendri par ^plaintive mélodie de Farinelli , qu’ aUlieu de lui refuser sa demand® 'comme le portoi; la piece, il oubb, 3entièrement son caractère, fond*en larmes, & ferra le captif d aflSses bras. II y a des auteurs qui attribuent cette anecdote à d autrmusiciens. >
FARNABE, (Thomas) *Londres en 1575, d’un pere, cilpentier, fit ses premières étuà Oxford, ensuite en Esp 3 8*^'dans un college des Jésuites. ^compagna François Nrak & - c .Hawkir.s dans leurs courses murrimes. De retour de ses voyages,il se fit soldat dans les Rays- 3 '