Band 
[Tome premier. - Tome second.]
Seite
115
JPEG-Download
 

A L L

de fe fervir de l’allégorie , lors mêmequ’elle n’aioute rien à la force de l’expref-fion , & qü’elle ne dit que ce que le lan-gage ordinaire pourroit également dire.Mais il faut que l’allégorie rende la notiongénérale qu’elle exprime, avec beauté &avec énergie. — Deux efpeces d’allégo-ries : i°. les images , qui fervent à ex-primer un objet indivifibîe , une notion ,une propriété , un être incorporel. Cellesqui ne b bornent pas à indiquer Ample-ment l’objet , mais qui le caradérifent enquelque façon , font d’un très-grand prix.ibid. 160. a. Un artifte qui aura du génie,peut donner à une image , d’ailleurs peufignificative , un fens nature!, à l’aide dequelques traits caraftériftiques. Les imagesqui préfentent des figures humaines, fontles plus propres à rendre l’allégorie par-faite , par l’attitude, le caradere & l’ac-tion de ces figures, ibid. 161. a. Mais iln’y a qu’un grand génie capable d'expri-mer chaque caradere de l’efprit, chaquefentimfcnt de l’ame, qui puiffie réuffir dansdes inventions de ce genre. Les attributsdont on accompagne ordinairement les fi-gures humaines , fervent à faciliter l’intel-ligence de l’allégorie , mais elles ne fuffi-fent pas pour la remplir. 2°. Seconde efpe-ce d’allégorie ; les tableaux qui repré-fenrent allégoriquement une maxime , ouune propofition générale, ibid. b.

L’heureufe invention d’une allégorie in-téreffiante doit donner plus de prix à untableau, que ne lui en donneroit le pin-ceau du Titien même, s’il n’étoit accom-pagné d’aucun autre mérite. Trois fortesde tableaux allégoriques. i°. Ceux dontle fujet efl pris de la nature vifible, &entremêlé d’objets pathétiques & moraux.2°. La fécondé clafîè contient les repré-fentations de vérités générales , & de ma-ximes relatives aux mœurs. 3 0 . La troi-sième renferme les repréfentations hifto-riques , fait qu’elles indiquent Amplementles faits, fott qu’elles circonftancient lesévénemens. Elles font confidérées commele point Je plus haut & le plus difficile del’art, ibid. 162. b. Pour réuffir dans cegenre, il faut, non-feulement favoir con-centre! une multitude de chofes en un pe-tit efpace, mais encore avoir l’art de le

A LL ïi*

rendre bien vifible. Le but d’un tableauallégorique eft de mettre les faits dans lepoint de vue le plus éclatant. .Le premierfoin de l’artifte fera donc de découvrirl’efprit du trait hiftorique qu’il veut repré-fenter ; il doit enfuite inventer les carac-tères propres à marquer le fait, à faireconnoitre les tems, les lieux & les perfon-nages. ibid. 1 63 . a. Obfervations qui peu-vent aider à la recherche des principes furl’invention des images allégoriques. Cesimages difîinguées en trois fortes : cellesqui tiennent de la nature de l’exemple ;celles dans lefquelles l’artifte exprime fapenfée par la voie des comparaifons , &enfin les allégories pures, ibid. 164. a. Dé-tails & réglés fur l’invention de ces dirié-rentes images, ibid. x65. a.

De l’ufage de l’allégorie. L’architedurel’emploie pour donner à fes ouvrages l’em-preinte de leur deftination. Les anciensl’ont employée à caradéiifer leurs meubles.Mais c’eft dans les monumens & les mé-dailles qu’on en fait l’ufage le plus fréquent.L’allégorie fervoit encore chez les païens àexprimer leurs idées fur les divers attributsde la divinité , par les ftatues de leursdieux, ibid. 166 . a. En peinture , il vautbeaucoup mieux que l’artifte iupplée audéfaut des lignes fymboiiques bien exprefi-fifs , par une bonne infeription, que pacdes hiéroglyphes forcés. Quant au mélangedes perfonnages allégoriques , avec desperfonnages réels & hiftoriques , les au-teurs les plus judicieux le rejettent abfolu-ment comme une chofe abfurde & qui ré-volte le bon fens. Cependant il y auroittrop de rigidité à refufer aux perfonnagesallégoriques la liberté de prendre part àune adion hiftorique ; & ce mélange peutfe faire d’une maniéré fi ingenieufe , qu’ilne fauroit déplaire aux connoifleurs lesplus délicats, ibid. b.

Allégorie , ^observations fur les allégoriesdans 1 interprétation de l’écriture, & fur legoût des Peres pour cette maniéré de l’in-terpréter. XXV. 318. a. XIV. 452. a. 4f f,b. Il ne faut pas confondre l’allégorie avecle fens figuré. XIV. 478. b. Du merveilleuxqu’on peut tirer de l’allégorie dans le poèmeépique ou dramatique. XXXVI. 22. b.

ALLEGORIQUE , ( The'ohg. ) fens

P ij