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[Tome premier. - Tome second.]
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ANC

Et que posvoit-on comparer? les orateurs?Qu’avoit de commun leur emploi fublimeavec celui de nos avocats ? & tous lesgrands reflorts de l’éloquence républicaineont-ils p a lié de la tribune dans îa chaire,où la feule paffion qu’on excite eft lacrainte, quelquefois la pitié ? Les liiftoires ?mais quelques talens que la nature eût ac-cordés à ceux de nos tems de ténèbres ,de barbarie & de fervitude , auroient-ilspu donner au fer le prix de l’or ? ibid.606. b. Les poètes ? mais a-t-on pu pré-tendre que deux régnés , celui de Léon X,& celui de Louis Xi V pufîènt entrer dansîa balance avec toute l’antiquité. Qu’onattende encore quelques fiecles , & quandles tems feront égaux, on aura droit decomparer les hommes. Par rapport auxarts, il faut convenir que quand les mo-dernes auroient égalé les anciens en fculp-ture & en architecture, la gloire de cesdeux arts n’en feroit pas moins toute en-tière à ceux qui, les ayant créés , ferontportés à un point d’élégance, de corredion,de nobleffe dignes de fervir de modèle.Quant à la peinture & à la mufique, ilfaut favoir douter des prodiges que l’onnous vante , mais ne pas alliirer fur despreuves légères que ces arts n’étoient qu’auberceau, ibid. 607. a. Réflexions fur lamaniéré dont Perrault a plaidé la caufe desmodernes contre les anciens, ibid. b.

Anciens , antiquité ; ( Beaux-Arts ) onne fauroit difconvenir que les Grecs & lesRomains ont porté les arts à un degré deperfedion que les modernès 11’atteignentque très-rarement. Réflexions générales fur• le goût des anciens relativement à l’élo-quence & à la poéfie. II. 608. a. C’elt àce qu’il y a d’accidentel dans les formesfous lefquelles le beau peut fe préfenter,qu’on doit nécelTairement faire attention,lorfqu’il s’agit de juger des anciens. La for-me qu’ils_ donnoient à leurs ouvrages degoût s’éloigne pour l’ordinaire très-fort dela forme qu’on fuit aujourd’hui. C’eft queleur but n’étoit pas le même. Il n’y a peut-être point de genre , foit en poéfle , foiten profe , qui n’ait été dans fa premièreorigine introduit à l’ufage de la religion oude la politique. Voilà ce qui juftifie l’ufagedes chœurs dans les tragédies anciennes.

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ibid. b. Voilà ce qui montre comment cer-tains traits qui dépareroient un ouvragemoderne , répondoient parfaitement aubut principal de l’auteur. Pour juger faine-ment des ouvrages de goût des anciens, ilfaut encore avoir conftamment fous lesyeux , leurs mœurs , leurs loix & leursufages. ibid. 609. a. Ce! qui nous femble dé-cidé en faveur des anciens , c’eft qu’engénéral leur goût étoit plus naturel & plusmâle que celui de la plupart des moderinés ; qu’à cet égard , leurs ouvrages fontde beaucoup préférables aux nôtr^ , qu’ilsont été d’une utilité pins efTentieüe & pluspropre, à former des hommes d’état, debons citoyens & de braves foldats. ibid.610.'a. Les anciens alloient droit à leurbut ; & comme leurs loix , leurs mœurs &la nature du cœur humain étoientfans cefîèfous leurs yeux , ils ne .pouvoient gueres’égarer. Leurs idées fe tournoient debonne heure vers la vie adive , & leursadions tendoient toujours au grand. Doit-on s’étonner après cela de retrouver danstous leurs ouvrages une vigueur mâle, unjugement mûr, un but marqué , caractè-res qu’on n’apperçoit que bien rarementdans les ouvrages des modernes ? C’eft:plutôt en grandeur de fentiment qu’en forcede génie, que les anciens l’emportent furnous. ibid. 6 10. b. Voilà ce que nous de-vons admirer dans leurs ouvrages : mais ceferoit pouffer la vénération pour eux au-delà des fes juftes bornes, que de croireque la forme même qu’ils leur donnoient,doive être notre modèle unique. La formed’un ouvrage eft accidentelle ; on l’aban-donne à notre choix, il fuffit qu’elle nerépugne pas au fujet, & que ce fujet foiegrand, ibid. 611. a.

Anciens , ( Litt . ) on trouve dans lesouvrages des Cages de 1 antiquité, les fe-mences de la plupart des decouvertes mo-dernes. XXV. 672. a. Défauts de raifon-uemens allez ordinaires aux anciens. XXXI.445. a. Auteurs à qui nous devons la reftgÿtudon des ouvrages des anciens. X. 5 . T.&c. Réflexions fur l’admiration exceflivequ’on a pour les ouvrages & les opinionsdes anciens. XXV. 676. a. &c. Raifon pourlaquelle la difpute fiy: le mérite des anciens& des modernes ne fera jamais terminée.

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