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483. a, b. Mais faifir ces rapports , cen’eftpas imiter, c\ 11 deviner !a nature. Ainliprocédé l’éloquence , elle n’imite rien.L’orateur n’eft pas vin mime; il parled’après lui ; il tranfmet fa penfie ; il ex-prime les fentimens. Dans les arts mêmedont l’imitation femble être le partage ,copier n’eft rien, choifir eft tout. Et laregle^ de ce choix le trouve dans la con-noilfance de l’homme, l’étude de fes af-fections , le réfsltat des imprelfions que lesobjets font fur l’organe, ibid. (premièreédition ) 460. a. (troifieme édit.) 484. a.Les arts d’agrément qui ne portent à l’ameque des fenfations, ne feront jamais comp-tés parmi les arts libéraux. Ceux-ci ontfpécialement pour organes l’œil & l’oréille,deux fens qui portent à l’ame des fenti-mens & des penfées. Ces arts s’accordentallez fouvent pour embellir à Irais com-muns le même objet; mais il ne faut pascroire que ce foie dans la vue de produireune imitation plus parfaite. Quelques-unsmême fe nuifent en fe'réunifiant, Bid. b.
Beaux-arts, leur origine fe trouve dansle penchant que nous avons à embellirtout ce qui fert à nos befoins les plusfréquens. III. (première édition) 460. b.{troifieme édition ) 484. b. Les âmes d’uneheureufe trempe naiflènt avec un penchantdécidé pour les imprelfions douces, & c’eftce penchant qui a produit les beaux-arts.Il en eft d’eux , comme de toutes les in-ventions humaines : elles font pour laplupdrt l’ouvrage du hazard , & très-ché-tives dans leur origine ; mais par uneaccélération fucceffive, elles deviennentd’une utilité très - importante. L’obfer-vation de la nature nous aide à connoîtrecette utilité. La nature, en travaillant detous côtés à faire affluer fur nous les fen-fations agréables , a fans doute eu pourbut d’exoirer & de fortifier en nous unedouce fenhbilité, capable de tempérer lafougue des pallions, & la rudeflè de l’a-mour-propre. 'bid. {première e'dit 'ton ) 461.
, t. ( t> ijieme'éidion) 483. a, h. Ce pro-cé é de la nature dans toutes fes œuvres,ne doit nous laifibr aucun doute fur lecaradere éc la fin es beaux-arts. C’eft àeux de revêtir d’agrémens divers nos ha-bitations j & fur-tout notre langage, afin
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que les douces imprelfions de ce qui eftbeau , donnent un caradere plus relevé ànotre efprit& à notre cœur. Voy. Agréa-ble. C’eft à eux à répandre les attraitsde la beauté fur des objets immédiate-ment néceft'aires à notre félicité, & à nousinfpirer. pour eux un attachement invin-cible. Ils doivent donc confacrer la forcemagique de leurs charmes à nous faireaimer la vertu & la vérité, & nous faireenvifager les vices fous leurs propres traits,pour nous en donner une horreur ineffa-çable. ibid. ( première édition ) 462. a , b.( tro'fmme édition) 486. a, b. Leur elfenceconfifte à mettre les objets de nos per-ceptions en état d’agir fur nous , à l aidedes fens, & par une énergie particulièrequi a fa fource dans l’agrément. Leur buteft de toucher vivement le cœur. Leurvéritable emploi eft d’élever l’ame. ibid.{première e'dit.)^ 6 ]. et , b. {troif. édit.) 487.a, b. Ainli par les foins & la vigilance d’unepolitique éclairée , les beaux arts feront lesprincipaux inftrumens du bonheur desmoi tels. Avantages multipliés que retire-roit de leur exercice une nation qui lesauroit accueillis, & qui leur auroit donnétoute la perfedion a ont ils font fufcepti-bles. C’eft à leur influence que l’hommedoit fa principale inftitution. 11 y a doncune forte d’ingratitude à vouloir anéantirles beaux-arts, comme le défiroient cer-tains philofophes qui leur doivent tout cequ’ils ont de plus précieux, ibid. (premièreédition) 464. a , b. {tr-.ifierne édition) 488.a, b. Autre utilité qu’on en peut tirer:eux feuls , après nous avoir infenfiblementpréparé à des fentimens délicats , peuventdans les momens de crife , où tantôt l’iner-tie , tantôt les palfions s’opposent au de-voir , faire une douce violence a nos cœurs y& nous enchaîner par une forte de plailiraux devoirs les plus pénibles, ibid, b. 489. et.Nous evons donc confiderer les beaux-artscomme des troupes auxiliaires , dont nefaeroit fo palier la ’agelle qui veille au biendes hommes. L’influence que nous leurattribuons ici eft tondéè fur notre naturejneme. Pour que la vérité devienne adive*il ne fuffit pas de la connoître même fousla forme du bien , il faut de plus la fentirfous cette forme ; c’eû alors, & alors